•  Maître Philippe de Lyon	Vendredi 21 mai 1897

    Une petite fille de 10 ans amenée de très loin par sa mère, tellement affligée qu’elle se traînait sur les fesses, ne pouvant faire aucun mouvement de ses jambes, la colonne vertébrale déviée d’une manière effrayante. L’état lamentable de cet enfant est examiné par plusieurs personnes de l’assemblée. (À la mère) n’avez-vous que cet enfant ? – J’en ai quatre autres qui sont tous très bien, celle-là est l’aînée, elle est dans cet état depuis 7 ans, malgré tous les remèdes qu’on a pu faire. – Voulez-vous payer ce qu’on va vous demander. (La dame pleure croyant qu’on allait lui demander une grosse somme d’argent).

    Ce n’est pas de la fortune que je demande mais seulement promettre de ne jamais médire de personne jusqu’à ce que votre fille ait 20 ans ; à partir de cet âge, c’est votre fille qui prendra la suite de votre promesse jusqu’à sa mort, le promettez-vous ? – Oui. – Les mêmes personnes sont invitées à aller dans une salle voisine examiner de nouveau l’état de l’enfant. Revenant dans l’assemblée, des personnes étaient dans l’admiration, disant que le mal avait disparu. Faisant mettre l’enfant à terre, dit à la mère : « Venez examiner s’il y a amélioration {594} ». Très émotionnée (sic) la maman dit oui. Le Maître dit à l’enfant : « Lève-toi . Après quelques efforts l’enfant s’est levée devant l’assemblée émue et ne pouvant se retenir de crier « Miracle ». 

     

    Extrait du livre de Serge Caillet, Monsieur Philippe, l'ami de Dieu    -    Editions Dervy


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  • Relation médiumnité et capacité à soigner ? Omnia PastorIl faut parler tout simplement de psychisme, c’est plus clair. Tout le monde comprend ce qu’est le psychisme et ce qu’être psychique veut dire. On peut être psychique en ressentant la mémoire d’un lieu, en pouvant diagnostiquer une maladie, recevoir la pensée d’une personne ou capter son passé, ses autres réincarnations, on peut être psychique aussi, en étant comme vous venez de le citer médium.

    Tout cela fait partie de la nature de l’âme et aussi de la nature de la personnalité. Car tout ce qui est l’âme, la personnalité l’est aussi, mais à un degré vibratoire différent et amoindri, puisque la personnalité fait partie de la forme. Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.

    Il ne peut donc pas exister une forme de pouvoir si ce pouvoir ne fait pas partie de la nature de l’âme, et par écho, de la personnalité. Seulement, selon le degré d’exploitation, ce pouvoir va être vécu sur le plan de l’âme ou sur le plan de la personnalité. C’est ce qui fait la différence de niveau.

    Pour en venir à la question concernant les guérisseurs, c’est une forme de psychisme où l’individu arrive, par contact télépathique, à capter les vibrations de l’aura de l’autre ou du malade. C’est un peu comme s’il arrivait à décoder et faire synthèse. Je parle naturellement là de véritable guérisseur. Ainsi, ils arrivent à voir où est le problème, soit par le phénomène télépathique propre, c’est-à-dire qu’ils en ont une connaissance spontanée et intime qui se réveille en leur esprit, soit en voyant dans l’éthérique, soit en recevant par l’intermédiaire d’un guide.

    À ce moment-là le psychisme entre en jeu un peu comme un décodeur. La phase de guérison est autre chose. Quand le guérisseur agit, il doit faire une connexion précise avec son âme. Sinon, il ne peut pas avoir la réserve suffisante d’énergie, ni le type d’énergie qu’il faut pour actionner la guérison. C’est donc un être qui sait se départager pour s’unir avec cette partie énergétique de son âme suffisamment développée, pour qu’elle puisse déverser un surplus d’énergie. C’est ce déversement d’énergie qui permet l’acte de guérison.

    C’est pourquoi, tous les guérisseurs doivent être développés sur le plan du chakra du cœur, sinon, il n’y a pas de guérison possible. Il peut exister d’autres moyens d’interventions comme le magnétisme, mais lorsqu’il s’agit vraiment d’une énergie de guérison, il faut que le chakra du cœur soit pleinement développé. C’est celui qui permet la connexion avec les énergies de l’âme.

    L’âme a plusieurs sièges : 

    un siège pour son énergie, 

    un siège pour sa conscience

    et un siège pour son rayonnement.

    Le siège de son énergie, c’est le centre cardiaque. C’est pour cela que l’individu, lorsqu’il se développe à ce niveau-là, court le plus grand danger dans son corps, parce que c’est là qu’il est en train d’emmagasiner le plus d’énergie, pour permettre l’éveil des différentes vibrations de l’âme.

    Les guérisseurs de demain devront tous avoir le chakra du cœur ouvert et faire, avant tout, un alignement avec leur âme, alignement personnalité âme. Mais dans ce cas-là, la personnalité est plutôt considérée comme un amas d’énergie physique, comme une écluse, qui, dans un dosage correct d’ouverture, laisse passer, selon le malade à soigner, l’énergie qu’il faut.

    Le guérisseur de demain sera quelqu’un qui comprendra ce que sont les énergies de l’âme, saura les ressentir, les doser, et les appliquer. Ce que peu de guérisseurs savent faire aujourd’hui, non pas qu’ils soient incompétents, pas assez évolués ou qu’ils ne connaissent pas cela, c’est tout simplement parce que le système de la race n’est pas encore mis en route.

     

     


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  •                    L'Espace de la grande vacuité

     

    "La nature de l'esprit transcende les notions d'existence

    Et de non-existence, d'éternité et de néant :

    À cette nature on donne le simple nom d'« espace absolu ».

     

    Cet espace, de lui-même parfaitement pur,

    Ce ciel immaculé, vide et lumineux, sans milieu ni pourtour,

    Se trouve depuis toujours au cœur de chaque être,

    Son « visage » occulté par le voile éphémère des constructions mentales.

     

    Difficile est de mettre fin par la force

    À l'enchaînement continuel des pensées,

    Mais si, quand elles surviennent, on reconnaît leur nature,

    Les pensées n'ont pas d'autre choix

    Que de se libérer dans leur propre sphère.

     

    Sans poursuivre les pensées passées

    Ni inviter les pensées futures,

    Demeure dans l'instant présent, et reconnais

    Simplement la nature de ce qui surgit dans ton esprit.

    Détends-toi dans la simplicité libre d'intentions et d'attachements.

     

    Bien qu'il n'y ait là rien à « méditer »,

    Demeure dans la pleine conscience sans te laisser distraire

    En t'habituant, sans rien altérer, à la manière dont les choses se présentent d'elles-mêmes,

    La sagesse primordiale, d'elle-même lumineuse, s'élèvera de l'intérieur.

     

    « Comment cela ? » demanderas-tu :

    Si tu laisses reposer de l'eau trouble,

    Elle deviendra naturellement limpide.

    La plupart des autres « méditations »

    Ne sont que d'éphémères accalmies de l'esprit.

     

    L'espace de la grande vacuité immuable

    Et la simple luminosité de la présence éveillée ininterrompue

    Sont depuis toujours indissociables.

    Tu dois faire toi-même l'expérience de cette chose essentielle

    Qui se trouve en toi : personne ne peut le faire à ta place.

     

    de Nyendrak Loungrik Nyima 

    cité par Matthieu Ricard "Chemins spirituels, petite anthologie des plus beaux textes tibétains".

     


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  • Omnia Pastor - Le Cercle de protectionEt l’homme se dit :

    « Tiens Dieu, pourquoi tu ne m’as pas protégé de ce bandit qui est venu dévaliser ma maison, qui m’a tout pris et qui a même pris les jouets des enfants ?

    Pourquoi est-ce qu’il s’est attaqué aux enfants ?

    Est-ce que tu ne peux même pas protéger les enfants ! »

    Non, ce n’est pas ainsi qu’il faut penser, car ce n’est pas le problème de Dieu, ou de la force divine, ou des hiérarchies divines, ou des maîtres.

    Le mal est un problème d’homme à homme.

    Par contre ce que font les hiérarchies, ce que fait l’énergie divine, c’est de vous proposer sans arrêt, que ce soit sous forme des vibrations ou sous forme d’enseignement, tous les moyens possibles pour devenir un être humain alerte, éveillé et conscient !

    Et à ce moment-là, vous pouvez identifier le mal et le rompre.

    Et beaucoup plus sûrement que si vous faites appel à la protection divine.

    Et y compris dans les pollutions psychiques, pour éviter la migration de ces entités astrales, comme celles qui engendrent le cancer et le sida.

    Lorsque l’on connaît la perméabilité des différents plans et l’influence néfaste de ces entités. De la même manière qu’un magicien noir sait faire de la magie noire en appelant des énergies basses, eh bien, sachez faire de la magie blanche et protégez-vous pour que ces oiseaux de malheur aillent ailleurs et ne restent pas comme cela à vous dévorer.

    Alors voilà ce qu’il vous faut faire chaque matin ou chaque fois que vous vous sentez attaqué par une remarque. Chaque fois donc qu’une certaine confiance en vous, une certaine intégrité va être attaquée, à cause d’un événement, d’une circonstance, ou simplement d’un mauvais mot. Et cela ne veut pas dire que chaque mot, chaque parole, aura comme l’effet d’un sort jeté sur vous. Non. Par contre, c’est votre capacité de rayonnement qui est diminué par l’effet d’une parole ou la force d’un événement. Donc, que ce soit dès le matin, mais aussi que ce soit dès que vous êtes accablé et diminué.

    Faites ce cercle magique !

    Et vous verrez que vous allez vous renforcer. Vous verrez que vous allez disposer de plus d’intelligence, de plus d’à-propos, de plus de persévérance.

    Parce qu’il y a des entités amenant toutes ces grandes maladies, mais il y aussi toute une faune d’autres entités qui elles ne sont pas suffisamment puissantes pour créer des maladies, mais qui créent des parasitages qui sont très difficiles à vivre : qui vous fatiguent, qui vous diminuent le rythme cardiaque, ou vous pressent la respiration. Qui vous font croire à des vertiges, qui vous font croire à des cauchemars, qui vous font croire à la dépression, qui vous font croire que la vie de famille n’est pas bonne. Parce que vous êtes enfoncé dans ce brouillard, ce brouillard, ce brouillard…

    Énormément d’individus ne sont pas totalement eux-mêmes, non pas qu’ils soient possédés, car je ne parle pas de possession, mais tout simplement parce que tous les règnes s’interpénètrent. Donc, inévitablement une créature a une influence sur une autre, et généralement plutôt de manière négative qu’autre chose.

    Ainsi par exemple, votre mère a eu une influence sur vous, par les mots et l’éducation qu’elle vous a donnée. Eh bien, de la même manière, une entité astrale a une influence sur vous, par sa vibration ou par sa trop proche proximité.

    Comment est-ce que l’on attire ce genre d’entités ?

    Surtout parce que l’on manque de rayonnement. Et l’on manque de rayonnement surtout parce que physiquement on est atteint, car on ne dispose pas d’une assez bonne santé, ou parce que l’on est diminué par une vie que l’on mène trop désorganisée : manque de sommeil, abus de tabac, abus d’alcool, abus de graisses, etc.

    Avec, ajoutez à cela, les problèmes d’évolution typiques : problèmes émotionnels et problèmes de maîtrise de la pensée.

    Donc, immanquablement, je vais devenir comme une sorte de poire et de pomme, offerte littéralement à ces entités qui se demandent quel homme elles vont pouvoir croquer comme sandwich pour leur quatre-heures ?

    Cela n’est pas plus compliqué que cette histoire-là. Cela se passe ainsi. Il ne s’agit donc pas d’entités diaboliques comme certains pensent.

    Tiens-je vais essayer de vous amuser un peu, puisque vous avez cette recette sur la terre : pour ces entités vous êtes des croque-messieurs tout simplement

    Ces entités se disent :

    « C’est mon quatre-heures. Voyons qui je vais pouvoir croquer aujourd’hui ? »

    D’ailleurs, l’endroit favori pour ces entités c’est non pas les campagnes comme on pourrait y croire, mais les grands ateliers, les grandes entreprises et les grandes firmes.

    Pourquoi ?

    Parce que là, il y a une multitude de secrétaires et d’employés qui n’ont pas du tout envie d’aller au travail. Qui sont dépressifs, parce qu’ils ont à travailler huit heures par jour, parce qu’ils doivent faire quelque chose qui n’a aucun sens, qui leur déplaît et qui les ronge. Et en plus dans une atmosphère de compétition et d’agressivité qu’ils ne supportent pas.

    Alors là il y a du bifteck à mordre !

    Imaginez tout un établissement où la moitié des secrétaires sont rongées par ce phénomène. Ajoutez à cela, parmi les cadres supérieurs, des hommes qui sont rongés par leurs ambitions, qui mijotent même des petits plans pour nuire à un collègue, afin de s’assurer pour soi le prochain poste, qui est une élévation.

    Et voilà un endroit rêvé pour se régaler !

    Alors que dans les campagnes, il n’y a plus personne, plus aucun paysan à se mettre sous la dent.

    Pourquoi ?

    Parce que malgré tous ses problèmes, malgré toutes ses difficultés, un paysan a un bon sens naturel, un équilibre. Il sait endurer les situations, parce qu’il aime la nature, même si parfois elle est dure à cultiver. Même si elle ne produit pas toujours le fruit attendu. Même s’il ne peut pas par moments vendre son fruit. Le paysan aime la nature et il ne lui en veut pas. Malgré tout cela, au contraire il est prêt à tous les combats, il est prêt à toutes les épreuves, à tous les sacrifices, parce qu’avant tout la nature et lui, sa moisson et lui, c’est une histoire d’amour.

    Tandis qu’une secrétaire ou un employé face à son patron, ce n’est pas toujours une histoire d’amour…

    Alors le bon sens ne peut pas régner et les gens génèrent même de plus en plus de corruption pour pouvoir arriver plus vite à ceci et plus vite à cela.

    Alors, pour éviter toutes ces choses. Pensez à la protection.

    Comment vous allez la faire ?

    Eh bien, dès demain, quand vous vous levez, mettez-vous au bord de votre lit, juste quelques minutes. Et imaginez un grand cercle de lumière, comme tracé au laser. Ça, vous pouvez le visualiser facilement, car vous avez suffisamment d’images dans vos cinémas pour pouvoir voir cette lumière laser.

    Vous tracez ce cercle, en spirale, de façon à y être entièrement posé à l’intérieur. Et confiez à ce cercle, par votre pensée le pouvoir de protection. Pas d’isolation, mais le pouvoir de protection, d’élévation et de purification de toute énergie, de toute entité, qui voudrait vous approcher.

    Ainsi vous n’êtes pas coupé des autres. Coupé de l’environnement que permettent les vibrations de la nature. Vous êtes simplement en train de faire écran aux entités et aux vibrations qui ne seraient pas assez élevées. Et chaque fois que vous sentez une petite baisse dans vos énergies. Faites cette spirale. Même si c’est dix fois par jour, peu importe. Et au fur et à mesure que vous allez vous y entraîner, vous allez pouvoir construire cette spirale n’importe où. Même en discutant avec quelqu’un. Même en étant au travail. Même en étant au volant de votre voiture en train de conduire. Cela va venir d’une manière très facile.

    Et en même temps, ce qui est intéressant dans cet exercice, c’est que vous vous entraînez à créer mentalement. C’est pour autant un exercice qui est important non seulement pour vous, mais aussi pour la race future. Et ainsi, petit à petit, même si vous n’en bénéficierez pas tout de suite, vous construisez une fonction qui sera alors naturelle, pour les futures générations, car le pouvoir de construction (grâce à l’application mesurée et dirigée de la pensée) est quelque chose qui devra occuper l’esprit et l’intérêt des futures générations.

    conférence en totalité

     

     

     


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  • Très tôt, je fus poussée de l'intérieur par une forte exigence de cNicole Montineriompréhension.

    Dès ma jeunesse, le questionnement sur soi, sur le monde, sur le sens de la vie, occupa l'essentiel de ma pensée. Il me semblait que je n'avais pas le choix, que mon existence n'avait pas d'autre chemin à prendre que celui-ci. Enfant sensible, je ressentais tout avec intensité et j'avais une perception aiguë de la nature éphémère de toute chose.

    Ma tendance naturelle à m'intérioriser provoqua le démarrage d'un parcours solitaire pendant plus de 30 ans, à la découverte du mystère de l'éternel caché au fond de nous. Ce sont les livres, nombreux, qui m'aidèrent tout au long de ce cheminement. Mon esprit explora intensément toutes les réponses avant de comprendre qu'il n'était pas l'instrument approprié pour réaliser l'infinie liberté. 

    C'est lorsque cette quête fut abandonnée que je découvris ce que je cherchais. 

    La réalisation survint d'un coup, lors d'une grave maladie en 2006. Je pus contempler la réalité de la nature immortelle et illimitée de la conscience.

    Dans cet état si proche de la mort que j'ai connu, ma propre conscience, pure, vide d'objet, n'était plus que conscience conscience-de-soi, reliée au flux lumineux au point de s'y dissoudre.

    Grand ouverte, sans limite, elle embrassait l'espace de l'univers entier.

    La sensation était douce, paisible. J'étais en paix, comme si j'avais été là depuis toujours. Moment d'atemporalité.

    La conscience était passée sur un autre plan de réalité. La lumière qui la traversait n'occupait pas un monde objectif qui l'aurait entourée : elle était sa substance même.

    Je sus que ce qui était vu était le déploiement de ma propre conscience. C'était bien une réalité non duelle que je vivais, car il n'y avait plus de différence entre celui qui percevait et ce qui était perçu. Les perceptions étaient l'expression même du rayonnement de ma conscience.

    Tout était clair. Une compréhension profonde et subtile de la vie, qui me donna le sentiment d'appartenir à une unité cosmique ayant un sens, me pénétrait sans entrave. Ce fut le silence du vide cosmique qui m'enseigna, avec un amour infini qui laissait être.


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    Expression du soi divinMarigal qui est une personne qui a vécu un éveil spontané et qui a écrit un livre, "voyage vers l'insaisissable" explique deux fonctions du mental, le mental discursif et le mental perceptif ... dans ce que j'en ai compris le mental perceptif est un état de présence sans attente, en lien avec tous nos sens. Lorsque l'on tend à cela, les synchronicités se multiplient ...le mental fonctionne comme une coupe qui reçoit et les connections avec la nature avec notre "grand être", avec la vie sous toutes ses formes se font nombreuses. 

    La peur provient de l'ego, du moi. Je ressens ce moi comme une congruence qui cherche constamment à se reconstruire pour trouver amour et sécurité. La quête est légitime mais nous limite fortement. Toute la question et le cheminement dans toutes les traditions initiatiques est de dépasser cela. Dans le Zen la méthode est dure, le Moi n'a plus d'expression possible dans l'extrême rigueur de la pratique, pour certains c'est le chemin. Dans ma pratique j'essaie au contraire de tout "pardonner" à cet ego toujours en demande d'expériences et de satisfaction des sens, "je" lui dis qu'il n'a rien à craindre, que tout va bien, les peurs sont des illusions et la marque de l'absence de sens de sa quête. "je" lui dis qu'il doit faire confiance et abandonner ses luttes, que quelque chose de plus grand et plein d'amour est là qui l'attend, qu'il doit baisser ses armes. J'appelle ce quelque chose le "soi divin", mais chacun peut lui donner un autre nom. Lorsque l'on commence à sentir cela, c'est très vaste et d'une profonde quiétude. Cet espace est je pense, ce que les bouddhistes appellent la vacuité. Là,on voit apparaître et disparaître de multiples formes, images ,pensées, j'essaie de n'être pas dans la saisie, de laisser tout cela sans m'identifier que ce soit sombre ou lumineux. Cet état que je vis parfois dans mes méditations est persistant après, car il dégage une présence et me donne le sentiment qu'il y a comme un voile à déchirer. Le voile de la séparation avec notre nature essentielle. J'intuite que lorsque l'ego baissera toutes ses armes, cette vérité essentielle sera le cœur de mon existence. Cela peut se produire aujourd'hui, demain, dans 1 an, 10 ans ou dans une prochaine vie ...mais cela peut se produire aujourd'hui. C'est un ultime saut dans le vide pour l'ego et une naissance dans l'expression terrestre du soi divin. 


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                                                                                   ... l’homme ne vit pas pour lui-même séparé des autres. Les hommes vivent les uns pour les autres, et lorsqu’une défaillance s’inscrit dans une lignée génétique, dans un code génétique, ce n’est pas parce qu’il faut créer cette lignée génétique-là, pour que les âmes ayant failli, puissent rencontrer les corps qui leur permettront d’épurer le karma. C’est tout simplement, et à un niveau beaucoup plus abstrait, dans une dimension beaucoup plus large, la matière qui doit être purifiée.

    Pour purifier la matière, les âmes acceptent tous les problèmes, ce que l’individu ne sait plus lorsqu’il se trouve dans son corps. Il ne sait plus qu’il a accepté de purifier la matière, de purifier le corps du monde, de purifier le corps de l’humanité. Alors, ayant oublié, il se demande de quel mal il est frappé.

    Il existe davantage de karma collectif que de karma individuel. Non pas parce que l’homme vit uniquement d’après la loi de la collectivité, comme je viens de le dire, mais parce que si un homme fait une erreur, des millions d’autres hommes font la même erreur, et c’est à cause de cela qu’il y a correspondance. C’est à cause de cela qu’une donnée peut devenir un code génétique et s’exprimer sur toute une génération ou toute une famille.

    Le karma collectif, ou, disons la purification collective, est quelque chose qui s’opère de façon beaucoup plus magistrale que la purification individuelle. Si l’homme n’avait que la purification individuelle il serait déjà libéré. Seulement on ne vit pas égoïstement sur sa petite planète. On vit pour un être que l’on compose et qui s’appellera plus tard un logos, un être planétaire, un être cosmique. Chaque petite cellule doit découvrir cette responsabilité qu’elle assume sans problème, sans défaillance, quand elle demeure dans les plans invisibles, à l’état d’âme, mais dont elle perd cette connaissance lorsqu’elle tombe dans le plan physique. Chacun perd la connaissance de l’universalité que l’on compose.

    Un être cosmique qui s’incarne, va créer inévitablement des humanités et des formes diverses, depuis les minéraux, en passant par les poissons, les roses, les palmiers et les êtres humains et plus tard même les anges.

    En même temps qu’il crée ces choses qui paraissent extérieures et différentes de lui, ces choses ne sont pas différentes de lui. Vous ne pouvez pas dire de votre cellule, la cellule qui est sur votre doigt en ce moment, qu’elle n’est pas de vous, et elle ne peut pas dire qu’elle n’est pas vous-même. Cette cellule c’est vous et elle le sait aussi. C’est pour cela qu’elle a une intelligence et c’est pour cela qu’elle a un développement. Car de la même manière que les hommes assument le développement pour cet être cosmique qu’il compose, la cellule assume et assure le développement pour l’individualité que vous représentez.

    Dans le cheminement initiatique et le parcours de l’occultiste, ce phénomène est connu. C’est ce qui donne lieu à l’alchimie. L’occultiste essaie de dégager le pouvoir de sa matière, le pouvoir de sa cellule, pour que chacune de ses cellules soit un être réalisé comme lui-même peut l’être en disant « Je ». Il faut que chacune de ses cellules résonne du même « Je », de cette capacité à être auto consciente et puissante. Si vous comprenez exactement le rapport de votre conscience avec votre corps, votre cellule, vous comprenez exactement le rapport qui existe entre cet être cosmique, ce logos et vous-même.

    Il faut comprendre que toute la vie est représentée comme une succession d’emboîtements, comme des poupées russes, la plus petite s’emboîtant dans une plus grande, s’emboîtant dans une autre encore plus grande, jusqu’à ce qu’on en arrive à ne plus pouvoir mesurer la grandeur de la dernière poupée. C’est ce qui permet d’exister à la vérité qui dit que : « Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Sinon il n’y aurait pas de relation entre le bas et le haut.

    Au niveau de votre vie individuelle, vous devez donc savoir qu’il existe cette même analogie entre vous et le logos qui est à naître, que vous êtes, que nous sommes nous tous, depuis le plus petit des êtres humains jusqu’au plus grand Maître, jusqu’au plus grand Bouddha.

    Lorsque l’on parle de la purification de cette matière, il faut s’attendre à ce que des âges, des décennies entières soient utilisées pour purifier cette matière, pour la dynamiser, pour la retrouver. Quand je dis retrouver, je parle du feu, de la puissance qui est dans la matière. Donc, pour retrouver cette puissance il faut supprimer tout ce qui empêche cette puissance de s’exercer.

    L’homme a le pouvoir, puisque l’intelligence lui a été donnée, d’accélérer toutes les purifications. Et c’est à cause de cela que sont nées des disciplines comme la médecine. Par la médecine l’homme a le pouvoir d’accélérer la purification de façon que les étapes, le partage du fardeau en quelque sorte soit plus court, pour qu’un individu ne vive pas le handicap, la difformité, toute sa vie. Cela, la médecine le découvrira, et cela, est son but, car c’est le pouvoir qui a été donné à l’homme. On peut l’appeler médecine, mais en fait c’est tout simplement l’intervention de l’homme dans la vie de l’homme.

    http://conscienceuniverselle.eklablog.com/23-05-88-le-karma-familial-


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  • Suite de l'article, "Tu n'as pas besoin d'un Dieu au-dessus de la tête"

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  •  Omnia Pastor - Tu n'as pas besoin d'un Dieu au-dessus de la têteLes gens viennent à la spiritualité avec une somme immense de fantaisie et d’illusion. Tout d’abord, il vaut mieux aimer Dieu que de ne pas l’aimer au cas où il existerait. Ensuite, lorsque l’on est assez convaincu de son existence, il y a le jugement et le nouveau monde qui vient. Alors il ne faut pas rater le train, il faut faire les efforts qu’il faut, monter les vibrations, développer les chakras pour appartenir à la nouvelle vague et avoir la chance de voir le Messie, le grand événement du siècle, n’est-ce pas !

    On a fait de ce Messie une véritable star, et l’on attend le Messie comme on attendrait une grande idole sur la terre. Mais quelle erreur et quelle bassesse dans les sentiments, dans cette idée. Monopoliser les foules dans l’espoir de voir le Messie, d’accueillir le Messie est une immense bassesse. Ce n’est pas un acte de libération, au contraire, c’est un acte de superstition. Exactement comme un sorcier de tribu dirait à tous ses concitoyens : demain  le grand esprit va venir et vous juger tous. Alors devant chaque case vous aller déposer des offrandes pour que le grand esprit soit content et qu’il demeure dans votre tribu.

    C’est exactement le même comportement. Ce n’est pas parce que l’on va dire aux gens en présence des grands mots et parfois même des mots philosophiques que l’idée est plus évoluée que l’idée tribale. C’est la même. Simplement l’homme qui part en ville avec cravate et attaché caisse ne s’aperçoit pas toujours qu’il a un os en travers du nez ! Il préfère regarder simplement son attaché-case et tout calculer avec sa machine à calculer ! Ouvrir son frigo et prendre un plat surgelé, ouvrir la télévision et regarder des films.

    C’est une vie qui peut être comparée à une vie tribale. Celui de la tribu part aussi chaque matin dans la brousse gagner son pain. Il n’y va pas en cravate mais il y va avec la lance ou les flèches empoisonnées. Il y va chaque jour gagner son pain, comme l’homme blanc de la cité. Lui aussi chaque jour il va s’informer de la météo, il ira consulter le sorcier ou ses rhumatismes. Les deux hommes dans les mêmes cas vont faire les mêmes choses, poussés par les mêmes motivations, les mêmes désirs, les mêmes impératifs, les mêmes besoins, les mêmes peurs.

    Alors que tu sois en cravate ou en pagne, tu es toujours le même homme, tu es toujours le même fils de Dieu, rempli de peurs, parce que tu ne sais pas qui est véritablement Dieu. Alors comme tu ne le sais pas tu te l’inventes et comme tu es comme un enfant, tu te l’inventes rempli d’autorité, de principes, de lois. Il n’y a que toi qui fais la mesure, parce que toi, à toi seul, mais toi tout entier tu es Dieu.

    Alors tu n’as pas besoin d’un Dieu au-dessus de la tête qui pèse et qui mesure et qui décide d’enterrer ou de ressusciter. Tu es ce Dieu-là. 

    La conférence en transcription

     

     


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  • Gerta ItalChaque soir, j'allais au sanzen (bref entretien avec le Maitre). Le Rôshi, conscient tout comme moi de mon prochain départ, me forçait avec une intensité croissante à pénétrer dans le domaine de l'Un. Comme à sa question : De quelle façon sentez-vous la «seule main»?(Gerta Ital travaille sur le koan : quel est le son d'une seule main qui applaudit); je répondis : « L'Un est la forme et aussi l'absence de forme. La "seule main" est tout. Je suis cette main ». Il s'écria, et sa voix tonnait comme de l'airain : « Il n'y a pas de « je », il n'y a que l'Un ! »Le soir suivant, comme je m'agenouillais devant lui, il ne posa pas de question, mais dit aussitôt :

    « Il n'y a pas de Gerta Ital, il n'y a pas de Rôshi, il n'y a que l'Un ! » 

    Quand, après le zazen, je rentrai vers dix heures dans ma chambre et allumai le poêle à pétrole dont j'étais redevable à la bonté du Rôshi, après la dépression spirituelle que j'éprouvais maintenant à chaque sanzen avec le Maître, je restai encore longtemps plongée dans ses paroles. Mon corps n'était plus que l'ombre de lui-même. Mais peu m'importait ; j'aurais préféré ne plus avoir de corps, qui constituait toujours un obstacle, le détruire par l'esprit, afin d'être totalement libre.

    Le 8 novembre la « percée » se produisit. La veille au soir, le Rôshi avait de nouveau posé la question :

    « Comment éprouvez-vous le son de la seule main »? » et je répondis, approfondissant la question : «L'Un vit de lui-même. Il vit sa vie en moi, en tous les êtres. » Le Rôshi prit une inspiration profonde, comme toujours lorsque "Cela" parlait à travers lui. Quand il parla finalement, sa voix était très douce, pourtant l'effet de ses paroles n'aurait pas pu être plus électrisant que si un éclair de lumière m'avait traversé et rempli de feu. (Et cela quoiqu'elles ne signifiassent rien d'autre que ce qui avait déjà été exprimé bien des fois, en réponse à mes propres paroles) :

    « II n'y a pas d'intérieur. Il n'y a pas d'extérieur. Il n'y a que l'Un ! »

    Je ne sais pas pourquoi c'est justement ce mot qui donna la solution du kôan, après que du point de vue spirituel tout fût devenu clair depuis longtemps déjà. Souvent, quand on prend connaissance des expériences d'un élève, on s'aperçoit que pour celui-ci, qui se tourmentait jusqu'à l'anéantissement avec son kôan, il suffit parfois d'une occasion insignifiante pour que les dernières barrières disparaissent.

    Pour moi ce furent les paroles : « Il n'y a pas d'intérieur. Il n'y a pas d'extérieur » qui permirent d'abattre les barrières ébranlées depuis longtemps.

    Pendant la nuit, je continuai de méditer sur ces paroles et c'est alors que cela se produisit : Il n'y avait plus de kôan, plus de différences, même le moi n'existait plus. Il n'y avait que l'Un. Après avoir dormi trois heures à peine, je me remis de très bonne heure au zazen et l'expérience de la nuit se reproduisit. J'atteignis plus rapidement qu'auparavant la profondeur du samadhi, mais ensuite il s'étendit à l'infini. Pendant que j'écris cela, je me pose la question : l'expression « à l'infini » est-elle bien celle qui convient ? Oui et non. Non, surtout parce que ce mot signifie pour nous une chose, même si cette chose est indéfinie. Mais cela ne convient pas. En ce qui me concerne,

    cela ne se manifesta pas comme une vision. Ce n'était pas non plus un ravissement. Si je tente d'exprimer ce que je ressentais, en toute simplicité et sans fioritures, je ne peux que dire : il n'y avait plus rien et moi aussi je n'étais plus rien.

    Mais ce néant n'était qu'un néant apparent. C'était la vie elle-même. Et cette vie m'absorbait. Cette vie était le Tout dans l'Un. Mais la participation à ce « Tout en Un » est justement ce qu'on ne peut décrire, ce qui se refuse à être exprimé en paroles. Rien (ce qu'on en dirait ne peut convenir, car même l'expression que j'avais employée auparavant, « béatitude pleine de paix, qui serait peut-être la plus adéquate, ne permet de rendre qu'une partie du tout. Mais comment pourrait-on décrire en paroles l'Être sans forme, l'Être en tant qu'état, la Vie en tant que vie en soi, trouver les mots susceptibles non seulement de désigner, mais aussi d'exprimer l'Être lui-même ? Ce n'est pas possible et j'échoue dans cette entreprise, comme d'autres ont échoué avant moi.

    Ce matin-là je ne pensais cependant pas à tout cela. Rien ne pouvait me retenir. Je devais aller trouver le Maître et me joignis au zazen du matin qui était réservé en principe aux moines vivant dans le zendô.

    Lorsque, frémissante d'émotion, je pénétrai dans la pièce du sanzen, le Maître sut aussitôt ce qui s'était produit et, comme je me mettais à genoux devant lui, il me questionna vec douceur et affection sur le « son de la seule main ». Ma façon de répondre dût être celle de quelqu'un de complètement bouleversé, ébranlé jusqu'au tréfond de son être. Par bribes, d'une voix saccadée qui semblait venir d'un autre monde, pendant que tout mon corps vacillait comme avant un effondrement final, je lui racontai en balbutiant mon expérience de l'Un. Il hocha la tête et s'écria radieux :

    « Only one hand ! only one hand ! » (Seulement une main, seulement une main !).

    Je levais les yeux vers lui ; son visage était rayonnant et avant de lever la main pour prendre la clochette et l'agiter pour indiquer la fin du sanzen, il me fit encore un signe de tête.

    J'étais à peine capable de me relever et fus sur le point de tomber pendant que je faisais la dernière prosternation, la sueur me coulait le long du corps, je chancelais comme prise d'ivresse en sortant de la chambre du sanzen et en allant dans le couloir jusqu'à ma chambre, où je me laissais tomber sur le lit qui n'était pas encore rangé. Pendant plus d'une heure je continuai de trembler, comme par un grand froid, avant de pouvoir me calmer. Les lignes que j'écrivis alors dans mon journal sont irrégulières, comme si je les avais écrites dans un train en marche.


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  • SomasekhaSomasekha est née au Cambodge.

    Lorsque la guerre éclata, elle dut quitter son pays à l'âge de cinq ans. Accueillie en France, elle y grandit, fit ses études de droit et devint juriste. Très jeune, elle fut animée par la quête du sens de la vie et du bonheur véritable. Elle put ainsi accompagner et soigner nombre de personnes pendant huit ans. Au cours de cette période, lors d'un voyage, surgit " l'évidence cachée " " Par un bel après-midi hivernal, alors que je me promenais dans les rues et les jardins d'Amsterdam, le voile se déchira ; le sentiment d'être un individu séparé s'évanouit. Il n'y avait alors plus de temps, ni d'intérieur ni d'extérieur. Plus de sujet ni d'objet. Ce que je croyais être le monde apparaissait sous un jour nouveau et dans une fraîcheur insoupçonnée. Au-delà de la frontière duelle, il se révèle comme étant la radiance naturelle de la conscience infinie ; l'expression libre de sa joie, de son extase,  de son amour inconditionnel. L'amour est le chant de liberté de la conscience ; son parfum de vie ; son sourire divin. Il embrasse toute chose ; il est toute chose. Dans l'espace ouvert et clair de cette évidence, il y avait plénitude et éveil à la beauté de la vie. Plénitude d'avoir retrouvé sa terre originelle ; Plénitude de paix et d'amour ; Plénitude du Cœur. " Aujourd'hui, Somasekha partage le parfum du coeur au travers de rencontres et de séminaires qu'elle anime.

     

     

     

     


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  • Mais pourquoi la libération est-elle si difficile à obtenir ? Pourquoi ce combat ? Qui s'accroche à quoi ? 

    Mais pourquoi la libération est-elle si difficile à obtenir ? Pourquoi ce combat ? Qui s'accroche à quoi ?

    Vous vous agrippez à votre existence apparente. Toute votre vie vous avez été conditionné à survivre, à proroger l'espèce, à prolonger une apparente lignée. Personne ne veut mourir. Voyez le grand message des médias, qui vous enjoint de travailler à réussir votre vie.

    C'est ça le grand jeu : l'infini se manifeste à travers vous en tant que personnage onirique dans un grand drame appelé vie ; hypnotisé dans la croyance que vous êtes un individu séparé, vous imaginez de ce fait devoir négocier avec l'existence. Ce qui entre autres choses est tout à fait effrayant. Dès l'enfance, vous pouvez vous sentir menacé par l'existence. Il s'installe ce sentiment que vous êtes mortel et vulnérable et, à partir de là, vous êtes puissamment motivé pour maintenir le statu quo, pour vouloir que tout cela continue et en faire le meilleur chemin dans ce qui semble être une existence séparée et à en tirer le meilleur parti possible. Quand cela ne semble pas marcher, certaines personnes commencent à poser la question “Qui suis-je ?”, et c'est alors qu'une grande difficulté surgit, parce que la réponse cette question semble être en opposition directe avec tout ce que vous avez toujours cru. Vous, en tant qu'entité séparé, n'avez aucune faculté de choix et aucun libre arbitre. Vous êtes simplement en train d'être vécu par l'infini, pour découvrir que vous êtes l'infini. Ce sont là des concepts si menaçants et si déroutants que la plupart des gens les rejettent.

     

    Tony Parsons – Ce qui est – Editions Accarias – L'Originel p. 103-104

     


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  • Jean-Michel Jutge« L’année de mes 21 ans, je devais vivre une expérience qui changea radicalement et de manière irréversible la perception que j’avais du monde. Après une séance de Hatha Yoga bien menée, au cours d’une méditation, mon regard plongea à l’intérieur de la colonne vertébrale. Ma vision se concentra sur une sorte de tunnel avec, au fond, une lumière qui fut immédiatement projetée vers moi. Je sentis un picotement très fin s’élever du bas du dos et atteindre la tête en quelques instants. Plus le temps passait, plus le picotement devint intense, avec pour effet d’augmenter considérablement ma sensibilité. Au-dessus de ma tête, une petite colonne faite d’énergie et de conscience prit forme. Le monde me parut soudain d’une netteté jamais vue et un grand nombre de phénomènes eurent lieu ce jour-là. En présence d’autres personnes, ou lorsque mon regard se posait sur elles, l’environnement se transformait littéralement sous mes yeux, dans sa forme, ses couleurs, son intensité, dans sa consistance. Il apparaissait alors tel que l’autre le voyait. Pendant plusieurs heures d’affilée l’énergie devint de plus en plus forte jusqu’à ce que je sois pris dans un océan de lumière et d’énergie, le corps littéralement en feu. Puis ce fut l’embrasement total et je perdis toute conscience du corps ; je crus que j’étais en train de mourir. Puis, je n’eus plus conscience que de lumière, une sensation de dilatation infinie, suivie d’une sensation de rapetissement jusqu’à n’être plus rien sinon un point. Au bout d’un certain temps, je repris lentement conscience du corps. Il se dessina alors devant mes yeux des volutes lumineuses de grande intensité, de couleur bleue et blanche, animées d’un mouvement de fuite. J’eus soudain comme une révélation sur mon état, je sus quelle était ma destinée et ce que je devais faire.Le flot continua d’augmenter, sans cesse, et tout se mit à vibrer, autour de moi et en moi, d’une intensité inimaginable. Au niveau de chaque chakra, et entre eux, se développa une sensation de chaleur, de plus en plus intense. On aurait dit qu’un liquide bouillant les traversait… Devant la violence du phénomène je me mis à prier Dieu, alors que j’étais athée. Je poussais alors un gros soupir. Dès cet instant, toute la situation changea. Immédiatement, un jet de feu bouillant jaillit par le sommet du crâne, retombant de chaque côté de mon corps pour l’envelopper d’une " aura " et d’une lumière d’or merveilleuse pendant que, simultanément, coulait dans la colonne vertébrale toute cette énergie.Le monde me paraissait alors merveilleux, le nectar qui coulait dans mon dos était d’une délicieuse jouissance. Mon corps s’était mis à rire et à pleurer de joie, alternativement, à trembler dans une crise qui, de l’extérieur pouvait ressembler à de l’hystérie. Je me découvrais d’une essence divine, le sentiment d’être réalisé. La suite est trop riche en événements pour être décrite en quelques mots, mais depuis ce jour, ma vie n’a rien de comparable à ce qu’elle était auparavant Si le phénomène en tant que tel, dès l’instant du soupir, est rentré dans un état d’équilibre complet, plus difficile a été son intégration au monde. Je me confrontais à mes proches qui ne comprenaient pas ce qui m’arrivait. Le nouvel être que j’étais se sentait porteur d’une véritable mission à accomplir, sentiment alimenté par les révélations multiples qui ne cessaient d’apparaî­tre. Je venais de naître au monde, et j’ai vraiment eu l’impression de devoir tout réapprendre avec un nouveau regard.La manière dont j’abordais l’existence se faisait avec une conscience inversée, comme si j’avais toujours vécu dans le miroir, et que tout s’était remis à l’endroit. Pendant un peu plus d’une année, je vivais une succession d’expériences et d’états de conscience que je ne contrôlais pas toujours mais qui rendirent difficile la vie dans laquelle je m’étais engagé jusque là. Une année d’étude où j’étais ballotté entre la découverte d’un monde et d’un univers fascinant et la nécessité d’accomplir un retour vers les tâches qu’exigeaient mes études, les travaux à l’hôpital la matinée, les cours dans les amphithéâtres l’après-midi, les travaux d’étude dans ma petite chambre d’université le soir, ce qui m’occupait à peu près 12 heures par jour, et des états de Samadhi qui saisissaient chaque occasion pour se manifester.Même si un éveil de Kundalini est maîtrisé et pris en charge par le Divin comme ce fut mon cas, il ne demeure pas sans conséquence sur la vie d’un individu et peut le rendre " atypique " et inadapté à la vie telle que la société veut nous l’imposer. La recherche de cet éveil ne peut se faire de manière anodine, et le chercheur qui s’engage sur cette voie doit pouvoir en peser à l’avance toutes les conséquences.Par ailleurs, les formes de Kundalini sont multiples, leur développement et leur résultat pouvant varier d’une forme à l’autre. Certaines sont peu recommandables car plus orientées vers le pouvoir de l’esprit, de par leur nature, plutôt que vers le développement de l’être ; mais pour un chercheur sincère, développant une qualité pure, les dangers sont peu importants, pas plus que ce qui peut nous arriver quotidiennement. Toutefois, un apprentissage préalable et le respect de certaines règles sont nécessaires.Il est difficile de présenter mon cas comme une généralité car ce ne fut pas un accident, cet éveil a été sollicité par un pouvoir supérieur. C’est pour cela qu’il fut soudain, puissant, complet, et qu’il atteignit son point d’équilibre au bout de huit heures. Toute personne qui le vit ainsi, même si cela déclenche au préalable une grosse frayeur, ne court aucun danger. De même, lorsque je transmets l’énergie pendant un cours de yoga, par exemple, se transmet en même temps la composante divine qui fera en sorte que l’énergie se développera de manière équilibrée. Pas de danger non plus. En revanche, un risque de perturbation importante réside dans une approche forcée par une technique particulière. Tous les désordres physiques, énergétiques ou psychologiques sont alors amplifiés de même que les états positifs, pouvant entraîner exaltation et dépression importante. Le développement de l’énergie est alors sauvage car sans intelligence. »

    eveilimpersonnel.blogspot.fr/2007/08/un-ocan-dnergie-jean-michel-jutge.html


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  • Le plus beau jour de ma vie – ma nouvelle naissance en quelque sorte – fut le jour où je découvris que je n’avais pas de tête. Ceci n’est pas un jeu de mots, une boutade pour susciter l’intérêt coûte que coûte Je l’entends tout à fait sérieusement : je n’ai pas de tête. Je découvris instantanément que ce rien où aurait dû se trouver une tête, n’était pas une vacuité ordinaire, un simple néant. Au contraire, ce vide était très habité. C’était un vide énorme, rempli à profusion, un vide qui faisait place à tout – au gazon, aux arbres, aux lointaines collines ombragées et, bien au-delà d’elles, aux cimes enneigées semblables à une rangées de nuages anguleux parcourant le bleu du ciel. J’avais perdu une tête et gagné un mondeTout cela me coupait littéralement le souffle. Il me semblait d’ailleurs que j’avais cessé de respirer, absorbé par Ce-qui-m’était-donné : ce paysage superbe, intensément rayonnant dans la clarté de l’air, solitaire sans soutien, mystérieusement suspendu dans le vide, et (en cela résidait le vrai miracle, la merveille et le ravissement) totalement exempt de « moi », indépendant de tout observateur. Sa présence totale était mon absence totale de corps et d’esprit. »

     

    Voir son visage originel de José Le Roy, Editions Almora.

    Quel était ton visage originel avant la naissance de tes parents ? est souvent considéré comme le koan le plus important. Il est en tous les cas le plus répandu. Ce koan a trouvé un prolongement, ou un écho, remarquable chez Douglas Harding et son « homme sans tête ».

    José Le Roy, familier de l’oeuvre de Harding, retrace dans ce livre l’histoire du célèbre koan depuis sa naissance supposée dans la Chine du VIIIème siècle jusqu’à nos jours, à travers la manière dont des instructeurs, passés ou plus proches de nous temporellement, ont su l’utiliser.

    Le koan zen « Voir son Visage originel » a imprégné le tchan chinois et le dzogchen tibétain avant de s’épanouir dans le zen japonais mais il trouve sa place, sous d’autres formes, dans de nombreuses traditions. Connaître son « Visage originel » « équivaut à connaître le parfait éveil ». Douglas Harding « a mis le Visage originel au cœur de sa méthode de transmission spirituelle (appelée la Vision sans tête) » rappelle José Le Roy. Il est sans doute en Occident celui qui a poussé le plus loin l’investigation de ce koan.

    L’ouvrage propose quatre parties. La première aborde l’histoire de l’expression « Visage originel » depuis son apparition dans le bouddhisme. Dans la deuxième partie, José Le Roy propose « une réflexion philosophique sur le lien entre le Visage originel et notre vraie nature et interroge le pouvoir d’éveil de l’expression elle-même. La troisième partie, pratique, évoque les manières de prendre conscience de ce Visage originel. La dernière partie est consacrée à la déesse indienne Chinnamasta, « celle qui a la tête coupée » et propose une étude comparative entre la pensée de Lévinas et celle de Harding.

    Le koan s’inscrit dans une approche non-dualiste, directe, libre de croyances, conditionnements et présupposés.

    « La vision du Visage originel est une vision non-duelle, au-delà du sujet et de l’objet, au-delà de l’intérieur et de l’extérieur. L’expérience du satori nous fait sortir de la vision habituelle du monde et nous fait vivre un mode d’existence nouveau. La non-dualité nous conduit à dépasser les paires d’opposés comme vide et forme, nirvana et samsara, absolu et relatif, éveil et non-éveil, et également les notions de bien et de mal. (…)

    Cette vie au-delà du bien et du mal ne signifie pas pour autant que le zen ne se soucie pas de moralité, ou que les maîtres zen ne se soucie pas de moralité, ou que les maîtres zen agissent de manière égoïste et irresponsable, bien au contraire. La découverte du Visage originel, qui est l’éveil à notre vraie nature, nous ouvre à la compassion et à la bonté. En effet, la vie n’est plus centrée alors sur l’individu et son visage dans le miroir, mais sur l’espace d’accueil inconditionnel que nous découvrons au-dessus de nos épaules et qui est libre de l’ego, et vraiment désintéressé.

    Douglas Harding disait souvent qu’en perdant sa tête, on trouvait don cœur, ce qui est très juste. En perdant son attachement au personnage auquel nous nous sommes si longtemps identifiés, une nouvelle vie s’ouvre à nous, beaucoup plus aimante. »

    L’acéphalité sacrée que l’on retrouve dans beaucoup de courants traditionnels évoque avec puissance la liberté totale de l’être affranchi de la personne.

    « Ce que le koan cherche à nous faire comprendre, insiste José Le Roy, c’est que notre identification au visage est une erreur, une folie. (…)

    Celui qui se perd dans les images corporelles devient lui-même une image, aveugle à sa propre identité ; il devient une ombre aux royaumes des ombres. L’âme doit revenir à elle-même, s’arracher à la séduction du corps et de son propre visage, et remonter jusqu’à sa nature divine.

    Où trouver l’éveil merveilleux de notre face véritable ? »

    Ce livre simple et profond introduit avec force au sens initiatique du visage et du masque.

    Editions Almora, 43 avenue Gambetta, 75020 Paris, France.

    www.almora.fr


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  • Là,Nous pouvons effectivement croire que la vie n'a pas de sens divin. Il est vrai que le divin a pris des formes au cours de l'histoire qui ne prêtent pas forcément à lui donner beaucoup de crédits. Les religions ont été beaucoup du côté de manche et pas toujours de l'amour et de la compassion. Peu d'églises ont résisté à l'attrait de la possession. La vie divine s'est vécu souvent par procuration, et puis il y avait cette histoire de péchés, de fautes, de morales, de rédemption et une vision du moi, de l'ego comme étant un mauvais objet auquel nous étions identifiés. L'histoire du divin ne laisse pas beaucoup d'espace à la liberté. 

    L'homme a voulu cette émancipation et cette liberté, il a ouvert la route il y a plus de deux siècles et s'est désenchaînés de la tutelle des croyances et des religions. Ce fût selon moi un vrai inspiration divine. L'homme retrouvant sa liberté pouvait vivre ses libres choix. Deux siècles de matérialisme plus tard, l'homme vide de sens peux interpeller sa nature essentielle et poser une nouvelle fois la question, qui suis-je ? Il n'attends plus qu'une institution ou une église lui réponde. Vide de carcans religieux, vide d'une nourriture qui dépasserait sa condition d' "homo œconomicus", il est là, nu. Un épais brouillard dans sa tête se dissipe peu à peu, des résurgences, des saisies sont encore là,  bien que partielle, elle joue toujours à vouloir reconstruire un monde qui n'existe plus ; Il est là, nu, nu et debout. Il ressent tout au fond de lui quelque chose, un appel ? Pas vraiment. Une vibration plutôt. Il se rend compte que cette vibration a toujours été là, et qu'il n'y prêtait pas attention, trop occupé à gérer sa place dans le monde, à gérer son image, ses désirs, ses souffrances. Mais aujourd'hui il est nu, il n'a plus rien. Cette vibration plus présente encore, lui fait dire "ENFIN". Et c'est là dans cette nudité que le nouvel homme naît, qu'il peut toucher à l'abondance de l'univers. Là il n'est plus seul, là il n'a plus peur, là il peut soigner ses blessures, là il peut ressentir la beauté du monde, là il peut aimer, là il peut créer, là il est un roi, là il est riche de toute la création, là il n'est séparé de rien ....

    " Lorsque nous incarnons cette vérité, notre vie devient une bénédiction. Une compassion, une compréhension, une liberté joyeuse touche tout ce que nous rencontrons. Un rayonnement d'amour émane de nous comme des poussées de végétation jaillissant à travers les fissures du ciment. Nous devenons comme ces vieilles théières chinoises. Quand une théière est aimée et utilisée par une famille chinoise pendant un siècle ou plus, il est dit qu'il n'est plus nécessaire d'y mettre du thé, la théière fera la reste.

    Comme la théière, nous devenons, nous-mêmes la source. Délaissant l'ambition ou la peur, nous revenons dans notre vraie demeure. Sans imiter qui que ce soit nous devenons simplement qui nous sommes. Notre être est à l'aise, notre cœur s'ouvre. La joie et la liberté de l'esprit emplissent nos journée. " Jack Kornfield - Après l'extase, la lessive  p.436 Pocket Evolution - 

     

     


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  • Shrî Nisargadatta Maharaj
    Shrî Nisargadatta Maharaj ? Un personnage hors du commun. Il reçoit à l'entresol de sa maison. Une échelle de meunier conduit au sanc­tuaire. La chambre ne contient guère plus de 20 personnes à la fois. Près de l'étroite baie grillagée, Maharaj vit, assis en tailleur. Il fume des beedies, 4 ou 5 bouffées et la cigarette est vivement jetée dans un pot en cuivre. L'encens se consume à foison. Sa Présence fait surgir un espace : l'océan. On est au coude à coude, mais jamais d'oppression, malgré l'exiguïté des lieux. Maintenant, le public est plongé dans un mutisme méditatif : les questions sont encore volutes, le cri du cœur chemine dans le silence.

    La spontanéité de Maharaj peut nouer les langues, épaissir l'émotivité jusqu'à l'état de sang caillé. Jamais je n'ai rencontré un guru qui dégage une telle puissance vitale ! Ses yeux sont de feu noir, ils vous percent sans vous jauger, leur acuité est totale.

    Son énergie existe, une énergie libre. Une aisance si physique qu'on en subit la contagion : on se sent hissé vers une respiration plus large, vers une détente, mais en même temps, on perçoit ses propres aspérités, on se découvre des courbatures centenaires.

    L'homme est vivant en diable : il scande sa réponse (les mots crépitent) en martelant sa cuisse du plat de la main. Il peut lever les bras au ciel et les agiter comme deux sémaphores, ou bien exploser de rire, littéralement. Il peut encore houspiller l'assistance qui, du coup, en avale langue et quant-à-soi.

    « Posez des questions, nous sommes là pour parler, pas pour dor­mir ! Sinon, allez-vous-en ! »

    De telles sorties incitent les auditeurs à se terrer comme des lapins quand le tonnerre tire le canon, ou à aplatir le padmâsana (1) jusqu'au chapati (2). Soit. Pourtant, où est l'agressivité ? Où est la hargne ? Je n'en ai trouvé miette.

    On le dit « réalisé ». Il dit « Je suis ». II ne dit rien d'autre. Il ne vit rien d'autre. « Il est ». Il a la vigueur du fait nu : Une vérité si incandescente qu'elle effraie. Maharaj n'est pas un tiède. « Je ne suis pas ce corps », dit-il, « Je suis ».

    Ce sont des mots Ce sont des mots sans verbalisme. C'est la transmission d'une expé­rience et celui qui parle, c'est le Témoin de cet état.

    (1)  padmâsana : la position du lotus.

    (2)  chapati : crêpe indienne (notes de la rédaction).

     

     Chez Nisargadatta Maharaj par Alain Porte

     

     

    Question: Avons-nous la permission de demander comment vous vous êtes réalisé ? 

    Maharaj: Dans mon cas, ce fut quand même très simple et facile. Avant de mourir, mon Gourou, m’a dit : « Crois-moi, tu es la Réalité Suprême. Ne doute pas de mes paroles, ne sois pas incrédule. Je te dis la vérité. Sers-toi en. » Je ne pouvais pas oublier ses paroles et en n’oubliant pas – je me suis réalisé.

     

    Q: Mais qu’étiez-vous en train de faire?

    M : Rien de spécial. Je vivais ma vie, exerçais mon commerce, voyais ma famille, et je consacrais chaque moment libre à me rappeler de mon Gourou et de ses paroles. Il mourut aussitôt après et je n’avais que sa mémoire sur laquelle me rabattre. C’était suffisant.

    Lorsque j’ai rencontré mon Gourou, il m’a dit: «Tu n’es pas ce pour quoi tu te prends. Trouve ce que tu es. Surveille l’impression «Je suis», trouve ton Soi réel. » Je lui ai obéi, parce que j’avais confiance en lui. J’ai fait ce qu’il m’avait dit. Je passais tous mes temps libres à me regarder en silence. Et quelle différence cela a fait, et combien vite ! Çà n’a pris que trois ans pour réaliser ma vraie nature. Mon Gourou est décédé peu après que je l’ai eu rencontré, mais cela n’a fait aucune différence. Je me suis rappelé ce qu’il m’avait dit et j’ai persévéré.

    Q: (un visiteur différent) – Dites-moi s’il-vous-plaît, quel est le plus court chemin vers la réalisation ?

    M : Aucun chemin n’est court ou long, mais quelques personnes sont plus sérieuses et d’autres moins. Je peux te parler de moi. J’étais un homme simple, mais je faisais confiance à mon Gourou. Ce qu’il m’a dit de faire, je l’ai fait. Il m’a dit de me concentrer sur «Je suis» - je l’ai fait. Il m’a dit que j’étais au-delà de tout ce qui est percevable et concevable – j’ai cru. Je lui ai donné mon cœur et mon âme, mon attention entière et tout mon temps libre (je devais travailler pour garder ma famille en vie). La foi et l’application sérieuse m’ont amené à réaliser mon Soi en moins de trois ans. Vous pouvez choisir n’importe quelle façon qui vous convient, votre sérieux déterminera la vitesse du progrès.

    Q: Cela a dû être la grâce et le pouvoir de votre Gourou ?

    M : Ses paroles étaient vraies et ainsi elles se sont réalisées. Les mots vrais se réalisent toujours. Mon Gourou n’a rien fait ; ses paroles ont agi parce qu’elles étaient vraies. Quoi que j’aie pu faire venait de l’intérieur, sans demande et sans attente.

    Q: Le Gourou a débuté un processus sans n’en prendre aucune part?

    M : Dis-le comme tu préfères. Les choses arrivent comme elles arrivent – qui peut dire pourquoi et comment ? Je n’ai rien fait délibérément. Tout est venu de lui-même – le désir de laisser aller, d’être seul, d’aller à l’intérieur.

    Q : Vous n’avez donc fait aucun effort ?

    M : Aucun. Croyez-le ou non, je n’avais même pas hâte de me réaliser. Il m’a seulement dit que je suis le Suprême et puis il mourut. Je ne pouvais tout simplement pas ne pas le croire. Le reste s’est produit de lui-même. Je me suis vu changer – c’est tout. À vrai dire, j’étais étonné.

    Mais un désir de vérifier ses paroles se leva en moi. J’étais tellement certain qu’il ne pouvait avoir menti, que j’ai senti devoir réaliser l’entière signification de ses paroles ou bien mourir. Je me sentais assez déterminé, mais sans savoir quoi faire. Je passais des heures à penser à lui et à son assurance, sans argumenter, mais seulement en me rappelant ce qu’il m’avait dit.

    Q : Que vous-êtes-t-il arrivé alors ? Comment avez-vous su que vous êtes le Suprême ?

    M : Personne n’est venu me le dire. Ni même de l’intérieur. En fait, c’était seulement au début quand je faisais des efforts, que je passais à travers d’étranges expériences ; voyant des lumières, entendant des voix, rencontrant des dieux et déesses et conversant avec eux.

    Dès que le Gourou m’a dit : «Tu es la Réalité Suprême», les visions et les transes cessèrent et je devins très calme et simple.

    Je me sentis désirant et sachant de moins en moins, jusqu’à ce que je puisse dire dans un étonnement complet: «Je ne sais rien, je ne veux rien».

    Q : Étiez-vous réellement libre de désir et de connaissance, ou vous faisiez-vous passer pour un jnani (maître ascensionné) d’après l’image qui vous fut donné par votre Gourou ?

    M : On ne me donna aucune image, pas plus que j’en avais une. Mon Gourou ne m’a jamais dit à quoi m’attendre.

    Q : Plus de choses peuvent vous arriver. Êtes-vous à la fin de votre voyage ?

    M : Il n’y a jamais eu de voyage. Je suis, comme j’ai toujours été.

    Q : Quelle était la Réalité Suprême à laquelle vous étiez supposée parvenir ?

    M : Je n’étais pas désappointé, c’est tout. J’étais habitué à créer un monde et à le peupler – maintenant je ne le fais plus.

    Q : Où demeurez-vous alors ?

    M : Dans le vide au-delà d’être et de non-être, au-delà de la conscience. Ce vide est aussi plénitude ; ne me plaignez pas. C’est comme un homme qui dit : «J’ai fait mon travail, il n’y a plus rien à faire».

    Je ne vois aucune différence entre vous et moi. Ma vie est une succession d’événements, tout comme la vôtre. Je suis seulement détaché et vois le spectacle passant comme un spectacle passager, tandis que vous demeurez collé aux choses et vous vous déplacez avec elles.

    Ayant réalisé que je suis un avec, et cependant au-delà du monde, je suis devenu libre de tout désir et de peur. Je n’ai pas raisonné que je devrais être libre – je me suis retrouvé libre – subitement, sans le moindre effort. Cette liberté de désir et de peur est demeurée avec moi depuis lors. Une autre chose que j’ai remarquée est que je n’ai pas besoin de faire d’effort ; l’action suit la pensée, sans délai ni friction. J’ai aussi trouvé que les pensées deviennent auto-suffisantes : les choses tombaient en place doucement et correctement. Le changement principal fut dans l’esprit ; il devint immobile et silencieux, répondant rapidement, mais sans perpétuer la réponse. La spontanéité devint un mode de vie, le réel devint naturel et le naturel devint réel. Et  par-dessus tout, une affection infinie, un amour, sombre et tranquille, rayonnant dans toutes directions, enveloppant tout, faisant devenir tout intéressant et joli, significatif et prometteur.

    Q : Vous donnez une certaine date à votre réalisation, signifiant que quelque chose vous est arrivé à cette date.  Que s’est-il produit?

    M : L’esprit cessa de produire des événements. L’ancienne et incessante recherche s’arrêta – je ne voulais rien, n’attendais rien – n’acceptais rien comme m’appartenant.

     

    «Quand je regarde à l’intérieur et vois que je ne suis rien, c'est la sagesse.

    Quand je regarde à l’extérieur et vois que je suis tout, c'est l'amour.

    Et entre les deux ma vie s'écoule»

    Nisargadatta Maharaj

     

    Comparaison UCEM Shri Nisargadatta Maharaj

     

     


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  • Honorer la chuteLes succès que nous rencontrons, quels qu'ils soient sont en général unilatéraux. Nos aspects les moins développés, nos ombres comme les appellent Jung, viennent ensuite à la lumière. Ce sont les parties de nous-mêmes les plus à vif et les moins contrôlées. Certaines vérités ne peuvent être apprises qu'à travers un déclin, mais elles apportent plénitude et humilité dans l'abandon. Dans les moments de plus grandes vulnérabilité de notre cœur, nous approchons des mystères non-égotiques de la vie. Nous avons tous besoin de périodes fécondes, de temps de jachère, d'instants, où nous sommes ramenés plus près de l'humus de la terre. Comme si quelque chose en nous ralentissait et nous rappelait. Une connaissance et une beauté plus profonde peuvent alors émerger.

     

     

     

     

    Jack Kornfield - après l'extase, la lessive - collection pocket evolution - p. 204


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  • L'ego spirituelEric Baret: ".... Trop souvent la spiritualité, la méditation est devenue quelque chose de plus à acquérir. On veut être riche, on veut être bon et on veut être « spirituel », on veut devenir le Bouddha ... alors que le Bouddha c'est justement de ne rien être, c'est d'arrêter de s'approprier des qualifications et retrouver ce qui est là à l'origine des choses ? Ce n'est jamais un devenir mais c'est ce qui est présent. Donc je ne pense pas qu'on puisse transmettre ça mais on peut ... on va dire ... bavarder autour de ça. Le son de la pluie est plus épuré et plus direct que toute formulation métaphysique ou spirituelle."

    Je me sers de ce petit extrait d'Eric Baret comme introduction, et je vous invite à écouter cette traduction d'Eckhart Tolle youtube l'ego spirituel Eckart Tolle. Pour ma part, je peux tenter d'expliquer ma perception.  Si depuis si longtemps, je cherche, je conçois qu'en moi, il y a un appel. Il existe aussi l'hypothèse que ma démarche spirituelle ne serait qu'une réponse pour rendre viable un ego fragilisé, incapable de se satisfaire des conditions de l'existence humaine, une forme d'opium. Je laisse cette hypothèse de côté, non par facilité mais par impossibilité de donner une réponse absolue, et aussi que l'image que j'ai de moi-même, ma propre pensée réflexive sur mon ego me renvoie une définition de moi-même autre. Mon ego, dans la définition de lui-même, ne se définit pas ou plus dans une volonté d'agir et de réaliser sa volonté. Aussi raffiner que cela puisse paraître, tout cela cependant n'est que de l'ego.  

    Pour tous les chercheurs la difficulté de cette prise de conscience, se résume à :" Ok, ma quête spirituelle ne doit être l'objet d'une saisie de l'ego, et une identification de l'ego, c'est bien beau tout cela, mais qu'est-ce que je fais maintenant ...quel agir, ". Sans cette identification de l'ego à la démarche, je suis quoi ? Je retombe dans mon ego d'avant, comme si tous mes efforts, mes lectures, mes méditations n'avaient servi à rien, cet ego infantile fruit direct de mon histoire familiale et de mes identifications parentales. Eckart Tolle, propose de laissé monter ces états intérieurs et d'en prendre conscience, travail de purification. Cependant, il est un être éveillé et c'est cet éveil qui permet que l'ego ne filtre plus ou bloque l'inconscient et que l'inconscient ne détermine plus l'ego. Pour ma part, j'agis ainsi : je laisse mon ego vivre, prendre du plaisir à la vie, je connais la nature de mon ego, j'essaie de ne pas être dans la saisie et de lâcher prise dès que je sens de la saisie, donc je vis. J'ai fait entre 1990 et 2001 une analyse freudienne, ce qui m'a donné une certaine souplesse dans ma personnalité, et un desserrement du surmoi, et plus de confort dans ma vie. En gros, je ne me donne pas trop de contraintes et j'aime prendre du plaisir aux choses de la vie. Ensuite il y a la présence, le Soi, le bien-aimé, la nature essentielle, Dieu, ce vide emplit à ras bord, l'absolu, toutes ces images, représentations de l'éveil, et bien je me tiens à leurs côtés, je m'assois ou pas, je leurs lance un regard furtif, un sourire s'inscrit en moi, une détente, un accueil et c'est tout. "je" ne peux rien faire d'autre, rester dans cette proximité de la présence, et peut-être un jour ou pas cette présence m'embrasera. 

     


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  • Jean Klein - Qui suis-je ? La quête sacrée. Extrait La découverte de votre nature réelle ne peut se réaliser par la mémoire. Elle arrive par l'attention multidimensionnelle qui a lieu naturellement lorsque la mémoire est absente. Cette attention innée est écoute. Lorsque vous êtes dans l'écoute, vous vous sentez dans la vastitude, dans l'immensité où il n'y a personne qui écoute ou qui regarde. Dans l'écoute seule.  ... L'écoute est une ouverture à la vie sans référence au déjà connu. La découverte réelle ne survient que dans l'instant immédiat. Nous ne pouvons jamais comprendre l'inconnu à travers le connu. Dans l'écoute inconditionnée nous sommes ouverts à toutes les possibilités et dans l'absence de restriction survient la perception directe. ....L'écoute n'est pas un processus cérébral, ce n'est pas une fonction, c'est un sensibilité ouverte, libre de toute anticipation, accomplissement ou réussite. Ce n'est pas une attitude que l'on assume, pas plus qu'elle n'est confinée aux oreilles, de même que lorsque vous comprenez quelque chose et que vous dites "je vois", cela n'a rien à voir avec les organes de la vue.

    Comment parvenir à cette sensibilité globale ?

    Si vous laissez votre attention aller jusqu'à votre oreille, vous sentirez qu'elle est constamment en train de saisir. C'est la même chose avec l'oeil, le mental et tous vos organes. Lâchez prise, et vous découvrirez que tout votre corps est un organe de sensibilité. L'oreille est simplement un canal pour cette sensation globale. Elle n'est pas une fin en soi. Ce qui est entendu est également ressenti , vu, senti et touché.

    Jean Klein - Qui suis-je ? La quête sacrée - Editions le Relié Poche - collection Sagesse p.123-124


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  • Dans l'épreuveLes épreuves servent de révélateur. J'avais la naïveté de croire que l'on pouvait s'éveiller confortablement, par l'étude, et un travail assidu de méditation. Par deux fois à 15 jours d'intervalle, je viens d'être l'objet d'évictions qui me conduisent à vivre dans l'incertitude de pouvoir retravailler un jour, et les risques d'être financièrement en difficulté dans les années qui viennent. Lors d'une méditation avec une amie hier soir, je pouvais voir avec lucidité, cet ego et ses pensées qui produisaient mille scénarios d'action, de réparation, de revanche etc ...Ces pensées qui venaient de nulle part pour se dissoudre telles de pâles fusées d'un quelconque feux d'artifice, quelques secondes plus tard. Toute cette énergie psychique inutile, qui me tienne séparée du réel et de ma nature essentielle. Cette nécessité interne de projeter dans un futur des actions illusoires, cet être en moi si friable, si peureux, qui ne supporte d'être remis en cause dans son intégrité, dans son rôle et sa fonction sociale. Tout était si clair, j'étais si lucide que je pouvais par moments vivre cette situation comme témoin et plus comme sujet. Je me suis dit, encore un ou deux chocs comme celui-là et je m'éveille, tant il est difficile de percevoir sa nature essentielle dans le confort, et l'assurance. Tout chemin initiatique nous met en danger, en déséquilibre. Lorsque le temps est venu pour l'âme, pour notre nature divine de faire valoir sa volonté, il se produit des déplacements en interne. Si les représentations que j'ai de moi-même, ne bougent pas, il est impossible qu'un espace se crée pour que puisse éclore cette unité. Car ce "je", ce "moi" est par essence le fruit de la dualité. Vivre cela est souffrance même si j'ai la chance d'en comprendre la nécessité, et d'appréhender cette situation comme un enseignement, comme une initiation. Peut-être devrais-je encore plus me dépouiller ou être dépouillé ?

    Il y a plus de trois années que j'ai eu cet engagement vis-à-vis de moi-même, où j'ai invoqué ce qu'il pouvait y avoir de plus divin en moi. Cela se résume en ces quelques mots : "que ta volonté soit faite".


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  • Il y a une formSi doux, si prochee de convergence vers ce but ultime auquel je consacre mon énergie. Mon environnement extérieur va évoluer, vers quoi ? je ne sais pas dans la forme, cependant j'ai la perception que ce ne peut être que vers une plus grande disponibilité à la vie. Cette vie si pleine, si riche, que je perçois. Cette recherche de l'unité, et cette personne, Philippe, qui poursuit encore d'être ce qu'il est, et dont la fin est escomptée. Ce qui est impressionnant, c'est ce rapport à soi-même. De plus en plus je perçois, ces mécanismes du mental comme nés de nulle part et n'allant nulle part, et cette identité comme étrangère. J'ai relu les derniers articles que j'ai écrits et je vois lorsque cette identité est à l'oeuvre, elle analyse, compare, étudie, prospecte, postule, imagine ... Et puis il y a "Frida qui est belle comme un soleil", et puis il y a "autre", que je ne peux nommer, tant il est pur, tant il est amour, tant il est proche, tant il est doux, il anime en profondeur mon être, et je me recueille en son sein. Plus l'identité ancienne se tait, plus il apparaît, c'est à lui que je m'adresse aujourd'hui, pour le remercier de ce lien si fort qui emplit ma vie d'une présence qui fait que je ne suis jamais seul. Il est d'une grande discrétion, il porte une poche d'amour pur, il est en moi, il est moi. Je ne veux le quitter, je m'en approche, je suis si près. C'est comme si cette poche d'amour pur, je devais m'y fondre, et rire, d'un rire qui efface toutes les erreurs passées.

    J'entre, il me semble, dans une nouvelle ère, qui mettra définitivement à l'épreuve Philippe l'ancien, que je comprends et que j'aime, il n'avait pas vu, il n'avait pas senti qu'il y avait "autre". "Autre" est là, aujourd'hui, il prend place dès que les mécanismes de la dualité s'effacent. Philippe l'ancien porte un discours infini sur le monde et les gens, "Autre" se laisse évoquer par quelques mots rares et choisis, son espace est le recueillement, son jardin est le silence. 


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  •  De ses 2389 m, le sommet du Monte d’Oro « étincelait la fenêtre » de ma chambre malgré la nuit… je songeais avec nostalgie à l’éDavid Ciussiveil, à cet inaccessible sommet de « la plus haute conscience d’Etre »… Depuis ma tendre enfance, j’étais aimanté par le « religieux » ; j’y consacrais tant d’attention ! Mais ce soir-là, j’étais tranquille…, je contemplais la puissance et le mystère de la voûte céleste, je me sentais vulnérable mais amusé par l’obstination de ma quête. Comme tous les soirs, je remerciais la vie, mon existence et la création tout entière. Puis, plongeant comme à l’accoutumée dans les profondeurs de mon intimité, je me suis endormi dans une qualité de présence mystérieuse témoignant d’insondables et inouïes beautés célestes. J’étais spectateur du spectacle de mon esprit, étoiles filantes, lunes, soleils, galaxies se donnaient en spectacle puis… sans que je fasse le moindre effort…, mystérieusement, la vie m’a pris dans ses bras, d’une étreinte fervente, affectueuse, intime et pacifiante. Depuis, enlacés l’un à l’autre, cette union n’a jamais cessé. 

    Cela faisait trente ans que j’étais sur le chemin. Chacune des “expériences de conscience” qui m’était donnée de vivre me faisait “monter au ciel” mais quelques jours après, c’était “l’enfer”... je n’avais pas le mode d’emploi pour redescendre… et le retour au quotidien était difficile. Pendant quinze ans, j’ai été l’élève d’une tradition indienne, je reconnaissais mes expériences intérieures en lisant les Vedas. Je “méditais” trois heures par jour... J’étais déterminé, passionné, ardant et sincère dans ma recherche mais il n’y avait pas de contact, de vérification, de friction, de validation, d’encouragements avec un Maître que je pouvais consulter simplement. Ce jeu des montagnes russes m’obligeait, me structurait, s‘incarnait dans ma chair et densifiait ma présence ; mais à cette époque, je ne le savais pas. J’ai du explorer toutes les impasses de la naïveté spirituelle et des croyances aux pouvoirs extériorisés. 

    Les trois dernières années, les “initiations diurnes et nocturnes” se succédaient à un rythme soutenu sans que cela fasse la moindre vague au niveau de ma “personnalité journalière” : pourtant les épreuves du quotidien n'épargnaient pas ma situation professionnelle, sociale et financière. Les défis de la perte et du détachement allaient bon train... C’est alors que j’ai eu la surprise de découvrir qu’il y avait des Sages en Occident. J’ai donc côtoyé : Yvan Amar, Stephen Jourdain et Jean Klein.
    Les rencontres avec ces phares m’ont éclairé, permis un dialogue parfois décapant mais toujours authentique ; tout devenait lumineux, évident, 
    J’intégrais des qualités lumineuses du diamant, mais « je » n’étais pas pur, ni transparent... l’éveil était toujours un concept. Puis vint cette nuit chez un Ami très précieux.... (Je précise que le monte d’Oro est en Corse) 

    "Je suis devenu le mystère, conscience au cœur du pur diamant de mon esprit, présence telle que l’on ne peut ni la perdre, ni s’en absenter, ni douter, ni s’illusionner ”. Dans ce bing bang de mon esprit, je me suis senti aimé infiniment, depuis toujours, témoin innocent du dévoilement du secret de l’éveil. Tout était dénoué, réconcilié, apaisé, simplifié, immaculé. Je suis la continuité consciente des expériences naturelles de la veille, du rêve et du sommeil profond."

    "Je suis conscience pure, pure présence sans pensée, je suis infiniment cela, omniprésent éternel et, en même temps, je ne suis pas cela … sublime présence qui ne laisse pas de trace ; elle se renouvelle totalement, incluant le passé, le présent, le futur, dans la totalité de sa gloire, maintenant. Maintenant renouvelé et renaissant, maintenant effacé et présent, maintenant, maintenant, maintenant … »
    La splendeur et la beauté de cet instant englobent ma présence d’une aurore diaphane, des milliers de lever et de coucher de soleil ne seraient que pâle parure devant la splendeur et la magnificence de cet embrasement. Au centre de mon être coule discrètement le mouvement du retour des océans vers la source…, les nectars et les parfums s’exhalent et se fleurent du printemps de l’Eden juste ensemencé par le geste créateur… Je me sens béni et baptisé par l’esprit du silence qui parle de l’origine de toutes les langues humaines… ; je suis le temple et la lumineuse clarté qui ensoleillent l’univers et les galaxies... ; je suis l’architecture et la chorégraphie ; je vois le geste sublime du sculpteur qui modèle, cisèle et incruste de pierres précieuses chaque particule de sa création… je rends grâce…. et ma joie pleure..A ce moment, j’éprouve une douce et glorieuse gratitude envers la tradition de tous les maîtres qui ont initié ce chemin de la plus haute vigilance.

    L’évidence de l’éveil, que j’avais tant espéré, prenait enfin racine dans mon esprit émerveillé baignant dans la grâce d’être baptisé par les mains divines.
    La conséquence immédiate a été de me laver de toutes mes illusions et croyances pour accéder à la valeur la plus intime de notre humanité. 
    Je me suis expérimenté comme l’Hologramme du mystère, unifiant le microcosme au macrocosme, les oppositions, la diversité, l’indifférencié, l’intérieur et l’extérieur. Je suis ici et maintenant, tout cela simultanément, conscience individuelle, universelle et indifférenciée.
    Toute la valeur de “je sais, je ne sais pas”, que j’ai expérimenté au début de ma quête spirituelle prend alors tout son sens. 
    Vivre “je ne sais pas” étant le mystère, ne rend pas ignorant ni niais, mais donne l’omniscience intérieure et déconditionne radicalement la personnalité connue, la personnalité duelle, identifiée à un rôle personnel. 
    Assister à ce sublime jaillissement de la source de notre origine offre aussi la vision du « tout ici - tout en soi », auto connaissance sublime, intelligible, ludique et innocente des lois de la nature et des lois de l’âme humaine. Cela apporte une joie ineffaçable et un sentiment de paix cosmique qui révèlent la nature divine de toute chose.

    Au cœur de mon individualité, le mécanisme du « magicien-ego » est vu, l’illusion a perdu son pouvoir de fascination, elle ne surimpose plus un objet mental dans mon esprit immaculé. 

    La métamorphose initiée, l’esprit devient immédiatement le témoin et le serviteur du Mystère Vivant, s’écrivant maintenant de toute éternité.
    Ici s’actualise et se découvre l’élève. Le mystère de la pédagogie de la joie devient progressivement visible. Son mode d’emploi se révèle et s’actualise chemin faisant. Pour illustrer mon propos, souvenez-vous d’un film de Spielberg où Indiana Jones doit traverser un précipice pour trouver l’arche d’Alliance. Il doit enjamber le vide et faire confiance à son intuition. Au moment où il pose le pied dans le vide, le pont apparaît sous ses pas. C’est de cette façon que je réapprends à fonctionner dans un nouveau rapport au réel et à témoigner que vous êtes tous libres, en paix, et que vous êtes tous aimés infiniment.

    Vivre la joie d’être le paradoxe "je suis cela, je sais et je ne sais pas" en même temps, est une prise de risque ludique qui donne tout le parfum et la saveur à l’esprit de la découverte, montrant tout le potentiel de créativité et d’intelligence dont l’être humain est capable. La création a une confiance inébranlable envers sa créature.
    Oui, l’éveil fait table rase de toute identification à un ego spirituel en manque d’admiration. L’éveil offre tout, mais ne donne aucun pouvoir extérieur. Il donne la pédagogie du mouvement du retour à toutes choses, passage amoureux si intime et si infime qu’aucune extériorité ne peut s’y faufiler. Finie la frénésie de la recherche et du chercheur perdu, le monde présent glorieux et sacré devient le terrain de jeu de l’explorateur ravi.

    Toutes les innombrables expériences d’unité vécues pendant la journée ainsi qu’au cœur des rêves lucides trouvent enfin un sens et la continuité pédagogique, comme un fil qui relie les perles d’un collier. Ce fil si fin et discret est le support des différents états de conscience. Ce fil est constamment présent dans tous les phénomènes du monde des apparences. Il est la conscience naturelle donnée à chacun même si le sujet l’ignore. Ce fil porte le principe de l’apparition, du maintien et de la disparition du monde phénoménal. Tout cela, en même temps, simultanément, dans chaque être ou chose.
    Dans le champ individuel, l’éveil donne la clef de la vérité, du réel et du glorieux instant terrestre.

     

    http://www.davidciussi.net/accueil.html

     


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    Irina TweedieNée en Russie en 1907 (-1999), Irina fut élevée à Vienne et à Paris, puis elle s'établit en Angleterre. Troublée par le décès prématuré de son mari en 1954, elle cherche à donner un sens à sa vie. Sa quête l'amène en Inde où, en octobre 1961 à Kanpur, dans la plaine du Gange, elle rencontre un maître soufi dont elle devient immédiatement disciple. Ce maître lui demande de tenir un journal de ses observations. C'est de ce journal que fut tiré ce livre dix ans plus tard. Cette rencontre fut un bouleversement. Alors commence une longue aventure : elle restera un an et demi auprès de son gourou, dont, selon la tradition, on tait le nom. Elle revient trois ans plus tard. Après le décès de son maître en juillet 1965, elle va s'installer dans une retraite de l'Himalaya. (...)


    Question – Pouvez-vous en dire plus sur ce que la mort de votre guru signifia pour vous ?

    Irina Tweedie – La vie spirituelle de chacun d’entre nous est le drame de l’âme. C’est la crucifixion et la résurrection. Ce qui est crucifié, bien sûr, c’est l’ego. La résurrection c’est – j’hésite à le dire – l’Eveil, peut-être. Mais l’Eveil de quoi ou de qui ? Une fois que vous êtes devenu Un, il n’existe pas de « je ». Donc qui est là pour être Eveillé ?

    Nous, soufis, sommes des mystiques. Le mysticisme ne peut être expliqué. Nous parlons de Dieu comme du Grand Bien-Aimé. Nous sommes des amants, et Il est le Bien-Aimé, ou Cela est le Bien-Aimé. Quelqu’un m’a demandé l’autre jour : « Pourquoi disons-nous « Il » en parlant de Dieu ? » Pour moi c’est psychologiquement plus parlant de penser à Dieu en tant que « Il », en raison de l’union avec le Bien-Aimé en méditation profonde. Pour vous, ce sera peut-être « Elle ». Cela n’a pas d’importance.

    A une époque, j’essayais beaucoup d’éviter d’utiliser le mot Dieu , parce que cela limite beaucoup. Dans l’une de mes conférences, je parlai ainsi de l’Absolu », et au moment des questions, une petite femme âgée s’est levée à l’arrière et a demandé : « Madame, qu’est ce que l’Absolu ? ». Depuis, j’hésite à dire ce que Dieu est. Il est préférable de ne pas le nommer…

    Mais il y a des moments de méditation profonde dans lesquels vous et Cela êtes l’amour, Cela vous aime. Cela vous répond. Cela nous apporte une satisfaction absolue. Mais qu’est-ce qui vous apporte cette satisfaction ? Qu’est-ce qui vous répond ? Dieu est le Néant. Mais ce Néant vous aime. Vous êtes aimé et il y a une béatitude incroyable et absolue. Le mental ne peut le connaître. Ces choses ne peuvent être véritablement expliquées. On doit en faire l’expérience. C’est pour cela que nous essayons de méditer – pour atteindre ce moment, ce contact avec cette part éternelle en nous. Cela est la seule vérité. Mais en parler est impossible.

    Question – Pouvez-vous parler de l’éthique spirituelle ?

    Irina Tweedie – Selon l’éthique des soufis, ce que vous faites peut être vu par tout le monde. C’est comme si vous viviez dans une maison de verre. Il n’y a pas de secrets. Cela n’est pas facile, tout ce que vous faites, vous ne le faites pas pour vous-mêmes, mais pour les autres. Si j’aide un être humain, en ce sens que si je suis inquiet à propos de quelqu’un, je vais rester debout toute la nuit pour prier. Il se peut que je souffre d’inconfort si je dois visiter quelqu’un qui ne peut pas venir me voir. Il se peut que je ressente de l’inconfort et parfois du désarroi. Mais tout cela n’est pas que physique. Donc mon corps leur appartient.

    C’est très simple. On n’est pas spécial. On n’est pas magnifique. On comprend mieux, c’est tout. Mais chacun d’entre nous est capable de cela. Et je vous souhaite tous de pouvoir au moins toucher avec des doigts délicats l’ourlet du vêtement de la vérité. J’espère que vous le ferez, parce que la vie devient alors une telle symphonie, une telle musique.

     

    Bibliographie :
    - L'abime de feu, Ed. Charles Antoni-L'Originel, 2002.

    Entretien avec Irina Tweedie.

    Revue Terre du Ciel, no 42, Février-Mars 2003.

     

    Présenté par Charles Antoni, directeur des Editions L'Originel
    Source (et suite) du texte : Eveil impersonnel

     


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  • propos recueillis par Bruno Solt


    Marigal, chercheur en physique nucléaire, c’est un esprit rationnel. Elle n’était pas prédisposée à vivre une expérience spirituelle. Pourtant, telle une grâce, « cela » lui est arrivé.

    Il est des voix claires, voix de femmes qui sont autant d’invitations au voyage intérieur. Voyage sans itinéraire au cours duquel se révèle la véritable nature humaine. Parmi ces témoignages on pense au journal d’Etty Hillsum, à celui d’Irina Tweedi. Pour Marigal, quelques heures dans un « état de grâce » inattendu furent le point de départ d’une quête personnelle qui, restée jusque-là à l’arrière plan, a pris soudain une forme concrète. Elle raconte son itinéraire intérieur dans un livre, Voyage vers l’insaisissable, témoignage d’une incroyable beauté dans sa simplicité.

    Nouvelles Clés : Au cours de votre vie, rien ne semblait vous destiner à vivre tout ce que vous racontez dans votre livre.

    Marigal : Enfant, j’avais vécu à plusieurs reprises des expériences de modification d’état de conscience. Je ressentais ce processus comme normal. C’était dans l’ordre des choses.
    Le jour où cela s’est à nouveau imposé en moi, je disposais de temps pour m’y consacrer pleinement.
    Un dimanche d’automne à la campagne, quelques amis sont à la maison et, le repas terminé, certains se préparent à faire une promenade dans les bois, d’autres à passer l’après-midi à bavarder devant le feu de cheminée. Je suis dans la cuisine pour effectuer quelques rangements avant de les rejoindre lorsque, soudain, je prends conscience que quelque chose est changé, différent. Tout est net, clair, limpide, immédiat, comme si un voile avait été enlevé, comme si une vitre avait disparu. Je n’ai plus l’impression de regarder autour de moi, le centre du regard a disparu, « je » ne suis plus dans le regard.

    Soudain un voile s'est ouvert, comme si une vitre avait disparu... Je ne suis plus dans le regard... Tous les sens sont clairs, éveillés, sensitifs, l'action a lieu "au bout des doigts" ; la main perçoit les sensations. L'oeil voit, l'oreille entend, mais le mental est silencieux ; il enregistre sans commentaire, sans interprétation, sans prolongement, et la perfection du geste va de pair avec cette absence de raisonnement... Silence profond intensément présent... amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même, de toute chose et de toute vie.

    Les autres, le monde qui m’entoure, le personnage que je suis participent d’une même vie, d’une même substance, sans séparation, sans rupture, dans un même mouvement fluide et harmonieux. Les gestes coutumiers se déroulent d’eux-mêmes, simples, faciles, portés par le silence intérieur intensément présent. Silence et amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même et de toute chose. L’apparence du monde n’a pas changé, mais le monde vit autrement, habité par ce silence et cet amour qui sont le cœur de toute chose et de toute vie. Le personnage (que je suis) n’a pas changé, mais « je » n’est plus dans le personnage, remplacé par ce silence et cet amour qui rayonne et chante à l’infini. J’en suis totalement abasourdie. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer : comment l’esprit, sans se diviser, peut-il aller dans deux directions différentes, se rejoindre lui-même et se retrouver UN, Infini à l’infini, béatitude dans la lumière ?
    Et pourtant, c’est tout à fait clair, aussi simple et évident que d’ouvrir et fermer les yeux.
    Cela dure quelques minutes ou quelques heures, et j’essaie de comprendre ce qui se passe, de sentir la manière dont je fonctionne dans ces moments-là.
    Au début, dès que je regarde le processus, il disparaît ; mais en essayant de l’observer d’une façon plus légère - du coin de l’œil - j’arrive à l’apprivoiser. Et, avec un peu d’habitude et de persévérance, cette ouverture est là pour de longs moments : moments de perfection, d’harmonie totale, de félicité qui m’aideront à reprendre pied quand tout, y compris moi-même, semblera se disloquer, voler en éclats ; garde-fou précieux et efficace face aux paradis les plus merveilleux et les enfers les plus abominables. Car si l’on est gratifié des plus grandes béatitudes, on rencontre aussi d’innombrables forces obscures, agressives et terrifiantes, sans formes définies, sans images mais pourtant très concrètes, qui pourraient rivaliser avec tous les démons, dragons et monstres racontés ici ou là, qui cherchent à vous écraser, vous rompre, vous anéantir. Ce serait la terreur absolue si, alors que le corps, le cerveau et la sensibilité passent par toutes sortes d’horreurs, l’esprit en éveil ne restait immobile, intouché.
    Lorsque cet état de conscience s’est imposé en moi, j’ai simplement ressenti un besoin extrême de l’approfondir en me disant qu’un être humain normal doit vivre ainsi. Vivre cet état béatifique où rien ne manque. Tout est à sa place ! Il n’y a rien à ajouter, ni à enlever. Tout prend du relief. C’est une façon différente de se situer dans la vie. À l’époque, j’étais entourée de personnes qui s’intéressaient au bouddhisme, à l’hindouisme, mais aussi à la mystique chrétienne.
    Bien souvent elles parlaient de réalisation, de transcendance, d’effacement de l’ego... autant de concepts qui me paraissaient étranges et ne m’interpellaient guère. Enfant, il me fallait peu de choses pour être émerveillée et je pense que l’on naît avec cette faculté plus ou moins développée. À ceci s’ajoutait une hypersensibilité qui aurait pu être jugée presque maladive. Ce sont ces capacités d’émerveillement et de sensibilité à la vie qui expliqueraient le mieux la préparation à ce bouleversement intérieur...
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    http://eveilimpersonnel.blogspot.fr/2007/08/voyage-vers-linsaisissable-mari…


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  • Qui veut l'Eveil ?Je ressens que cette question permet d'ôter certains voiles. J'ai lu récemment une contribution sur CaféEveil  que je ne partage pas sur de nombreux points. Je vais essayer de m'en expliquer. Pour l'auteur, prendre conscience de la nature de l'Eveil peut créer une peur profonde qui proviendrait d'une protestation virulente de l'Ego, pressentant sa fin proche ou programmée dans cette recherche. L'auteur voit aussi la possibilité de l'Ego de se fragmenter en deux, l'un désigné Moi-peureux, l'autre Moi-aspirant au Soi, engageant ainsi une lutte fratricide car étant tout deux de la même essence. Dans ces tensions duelles, une troisième instance du Moi appelé Moi-Lucide, arriverait à prendre conscience du conflit à le relativiser et à le mettre à distance en en comprenant les mécanismes.

    Je suppose que ce vécu est celui de l'auteur et j'en comprends bien le mécanisme déductif. Cependant je ressens le piège terrible de cette compréhension. L'Ego et le Soi sont de même essence, l'un est la graine, l'autre est le fruit. Je serai tenté de répondre ainsi à la question : "Personne ne veut l'Eveil". Celui-ci est le fruit du processus d'incarnation du divin dans la matière, cette matière divine sans conscience s'embrase et découvre sa nature originelle par le processus et l'Esprit prit dans cette matière se reconnaît et s'identifie à sa nature essentielle.

    Le combat que j'évoquais dans l'article précédent, est un phénomène du processus dans la dualité. Le processus pousse et fait croître les paires d'opposés dans un premier temps, puis la perception de l'inutilité du combat apparaît, l'apparition du Moi-lucide en est un prémisse, l'Ego se dilate, se détend, se transforme et petit à petit porte, intègre les qualités de l'âme, de l'unité. L'unité se laisse percevoir par fragment, par petit temps d'extases successifs. Certains font le grand saut d'un coup, et ne se réidentifient plus à l'Ego duel, qui reste un second plan en eux. Pour d'autres le passage est progressif, fait d'aller et retour.

    Hier, dans le tramway, j'ouvrai un livre que je dois rendre à la bibliothèque municipale - Tch'an Zen - Textes fondamentaux chinois - édité chez Hermès en 1970.

    Extrait de Wan Ling Lou 

    Comment atteindre l'Esprit de Bodhi ?

    La Bodhi n'est pas une chose à atteindre. Si en ce moment même vous pouviez vous convaincre de cette inaccessibilité, avec la certitude en fait que rien ne peut jamais être atteint, vous auriez déjà l'esprit de Bodhi. La Bodhi n'étant pas un état, ce n'est pas une chose à quoi vous puissiez atteindre ......

    Tout est dit

     


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  • fighter la dualité
    Le titre est provocateur et absurde, mais la question peut se résumer à ce titre paradoxale. Consciemment l'ego a compris qu'il n'avait rien à espérer en tentant de satisfaire ses besoins primaires. Il est vrai aussi que l'ego est une sorte de double bâtard de l'âme. Né de la volonté divine d'évoluer dans la matière, il existe dans un plan de dualité où tout ce qu'il tente de saisir se transforme en plomb. L'unité dont parle les êtres qui ont vécu l'Eveil, ne peut être une volonté de l'Ego, quoique cela pose question. Les bouddhistes disent que dans le Samsara, il n'y a aucun bonheur véritable, dans la dualité tout naît et meurt, il n'y a pas de permanence. Comment être saisi comme Yolande Duran, comme Stephen Jourdain, par ce silence, par ce vide empli à ras bord, par cet amour infini, inconditionnel, par cette transparence qui donne à n'être séparé de rien, unit à tout, d'être dans cette communion éternelle. Parfois je souhaiterais m'endormir profondément, las de cet être déterminé que je suis, et pour qui tout en le respectant, je n'ai ni surprises, ni passion ...las de ces scénarios qu'inlassablement mon mental reconstruit, las des craintes de cette congruence appelée "moi".

    Il y a cette forte intuition du domaine de l'âme, du plan de l'unité, du divin, ce n'est pas en "Moi", c'est comme si ce "Moi", percevait, intuitait qu'il existait autre chose que lui-même. Autre chose dont il fait partie, qui est tout autour de lui, et donc qui est lui aussi. L'Eveil, c'est ce changement de plan de conscience. Comment le provoquer ? Prière, méditations, invocations ... tout cela semble bien inutile. Parfois, j'ai le sentiment que la conviction de cette présence tout autour de moi, et en moi, pourrait déclencher le changement. C'est en cela que la phrase de Stephen Jourdain me parle. Il dit, alors que depuis des heures il essayait de percer le mystère, de cette phrase de Descartes, - je pense donc je suis, Dieu est -, "comme si j'avais défoncé le fond de mon intériorité pensante, comme on défoncerait une feuille de papier journal ...je me suis retrouvé dans une dimension de moi-même dont ; je n'avais aucune notion qui était ma véritable dimension ...". Mon unique quête est de trouver cette unité, et je dois me démêler avec cette conscience actuelle qui se saisit de cette quête, et qui pense qu'il faudrait plutôt faire ceci ou faire cela, et ne plus faire ceci ou cela. Alors que tout cela n'a probablement pas beaucoup d'importance.

    Globalement, j'ai conscience d'être dans une volonté de bien pour le plus grand nombre, mais la dimension Amour hors intérêt de l'égo, n'est pas dominante, elle est sous-jacente dans mon regard de la nature et des êtres vivants.

    Et pourtant, parfois, tout me paraît si près.


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  •  

    Giffie


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    C’était le soir, j’étais dans ma chambre, allongé dans l’obscurité, et je tournais et retournais dans ma tête depuis un long moment, probablement depuis une demi-heure, la petite phrase du Cogito de Descartes: “Je pense, donc je suis”. Il m’avait semblé, dans les jours précédents, entrevoir une prodigieuse vérité dans cette petite phrase, et j’essayais de retrouver cette vérité entrevue dans un éclair. Je réfléchissais depuis très longtemps, en me répétant inlassablement: “je pense, donc je suis”, et en faisant chaque fois le voyage depuis la réalité vivante qui en moi-même correspondait à “je pense” et “je suis” jusqu’à ce que ces mots, pour les charger, dans la petite phrase, de leur vrai sens. En m’efforçant de penser le Cogito avec ma vie. C’était un travail très difficile, j’étais épuisé, le déclic qui m’aurait révélé la signification mystérieuse de la phrase ne se produit pas, mais, à un certain moment, un autre déclic, que je n’attendais pas, a dû jouer. [Un ressort secret qui devait être enfoui dans la conscience humaine depuis la Création, qui attendait son heure et que je viens d’effleurer par hasard.]. Et l’événement s’est produit, avec une soudaineté surnaturelle. 

    Et tout d’un coup je me suis retrouvé dans un avant, un commencement insoupçonné de moi-même, veillant d’une veille sans limite, me sachant — et me sachant me sachant — et me sachant me sachant me sachant: à l’infini, et m’éprouvant totalement identique à cette veille, cet abîme d’auto-conscience, qui n’était point chose qui m’était donnée, mais au contraire qu’essentiellement je ne subissais pas, faisais moi-même brûler. 

    [Et puis vlan! Quelque divinité, dans le royaume métaphysique, a tripoté un bouton, je me suis retourné comme un gant, et déjà cette chose insensée était là au milieu de moi, comme un membre vivant à la place d’une prothèse.] 

    A brûle-pourpoint, je glisse dans une lucidité sans nom, achèvement inouï de l’aurore qu’on nomme conscience de soi. Cette lumière n’est pas un état passivement subi: c’est un acte que désormais je sais accomplir. Elle n’est point non plus, à proprement parler, une expérience que je fais: elle est moi, elle est exactement Steve Jourdain.


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  • Ramana MaharshiA seize ans, l'adolescent futur Ramana Maharshi fut saisi par l'angoisse de la mort. Il s'allongea à même le sol : qu'est-ce qui se passe quand on est mort ? Le corps meurt, les pensées aussi... Que reste-t-il, enfin ? Grâce à une concentration intense dont il dira qu'elle dura plusieurs heures sur cette question totalement vitale : qu'est que la mort ?, il connaitra tout à coup l'illumination qui changera totalement sa vie.

    « Environ six semaines avant mon départ définitif de Madura, il se produisit dans ma vie un grand changement. Ce changement fut soudain. J'étais seul dans une des pièces du premier étage, dans la maison de mon oncle. Je n'avais été malade que rarement, et ce jour-là ma santé était excellente; mais je fus pris soudain d'une violente peur de la mort. Rien dans mon état ne la justifiait, et je n'essayai pas d'en découvrir la raison; je me contentai de l'éprouver. Je me disais: « Je vais mourir », et je me demandais que faire. Il ne me vint pas à l'esprit de consulter un médecin, ou l'un de mes amis. Je sentais qu'il me fallait résoudre moi-même le problème, et sur le champ.

    « Le choc causé par la peur de la mort forçait mes pensées à l'observation intérieure, et je me répétais mentalement, sans réellement formuler des paroles: « Maintenant que la mort est là, que signifie-t-elle ? Qu'est-ce que c'est que mourir ? C'est ce corps-là qui meurt! » Et aussitôt je dramatisais le fait de la mort. J'étais couché, les membres raides comme si j'étais mort réellement.

    J'imitais la situation d'un cadavre pour donner à mon enquête une réalité plus grande. Je retenais ma respiration, et serrais les lèvres pour qu'aucun son ne put s'en échapper, pour m'empêcher de prononcer le mot « je », ou tout autre mot. « Bon! me disais-je, ce corps est mort. On l'emportera complètement rigide au lieu de sa sépulture, où on le brûlera et le réduira en cendres. Mais suis-je mort par cette mort de mon corps ? Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix du « moi » au fond de mon être. Je suis donc un esprit qui transcende le corps. Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps, ne peut être touché par la mort. Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel. »

    « Ces pensées n'étaient pas obscures et ternes. Elles jaillissaient en moi telles d'éclatantes vérités, que je percevais directement sans que mes activités cérébrales fussent en jeu. Le « moi » était donc quelque chose de très réel, la seule chose réelle dans mon état présent, et toute l'activité consciente de mon corps se concentrait sur ce « moi ». Depuis cet instant, la puissance fascinante de ce « moi » se plaça au cœur même de toute mon attention.  

    « La crainte de la mort avait disparu, et pour toujours. L'absorption dans le « moi » se poursuivit sans interruption. D'autres pensées passaient et disparaissaient, pareilles à diverses notes de musique, mais le « moi » demeurait comme la note fondamentale, sous-jacente à toutes les autres notes, et se confondant avec elles.

    http://temoignagesdeveil.free.fr/ramanamaharshi.htm


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  • Que doit-il se passer pour toucher l'éveil ?Un nouveau pas a été franchi, il m'est presque impudique d'écrire, tant ce qui s'approche est beau, ce qui s'approche est grand. J'ai compris l'Eveil, et le sujet "je", accepte d'en payer le prix. J'ai quelques fils à couper, quelques pièces à réparer, et je serais là à attendre que cela Soi. Il y a une force à l'intérieur, une force  d'une force omnipotente et universelle qui est là, et qui est "ma" nature essentielle. "Je" veux l'épouser. Je n'ai effectivement plus besoin d'être quelqu'un. Je n'ai jamais senti cela aussi prêt. Il n'y a pas à chercher, car c'est là, il n'y a pas à apprendre. Il y a eu à comprendre. Comprendre ce que nous sommes, ce que nous avons toujours été. Lorsque je retourne mon regard intérieur, que vois-je ? Ces multiples pensées qui vivent leurs courtes vies, et celles-ci sont contenues dans un contenant, contenant qui peux, qui doit s'ouvrir à cet univers, qui doit s'ouvrir à Lui, à la nature essentielle. Qui doit se reconnaître, qui doit se connecter, qui doit dans cette reconnaissance embraser ma conscience, et l'éveiller. 

    Le bois est sec et rangé, j'aperçois la flamme pas très loin, j'ai de quoi la porter et l'emmener, et lorsque la flamme sera au pied du bois sec, j'attendrais, car "je", ne peux embraser la conscience, et dans cette attente vide de toute attente, la nature essentielle se révèlera à elle-même.

    «L’ego ne peut disparaître s’il est vu comme réel. Il est comme votre propre ombre. Il la voit le suivre partout où il va, et il veut s’en défaire. Il s’enfuit, mais elle s’attache à ses pas. Alors il creuse un trou profond et essaye d’enterrer son ombre, remplissant le trou de sable; mais l’ombre reste à la surface et s’attache toujours à lui. Il ne peut s’en défaire que s’il ne se regarde plus, lui, l’origine de son ombre. Alors elle ne sera plus un sujet de souffrance. Les chercheurs de la Délivrance sont comme l’homme de cette parabole. Ils ne voient pas que l’ego n’est que l’ombre du Soi suprême. Tout ce qu’ils doivent faire, c’est se tourner vers le Soi qui est leur ombre véritable.» 
    Ramana Maharshi in Patrick Mandala, Le Son du Silence, Présence de Ramana Maharshi, Ed. L’Originel, 2006, p. 96. 


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