• Douce lutte pour intégrer la vibration de principes supérieursL'expérience ponctuelle d'un état de vibration supérieur est relativement commun. Particulièrement pour les personnes pratiquants une forme de méditation. L'intégration d'un plan vibratoire est beaucoup plus aléatoire et nécessite d'accorder l'entièreté de sa vie à cette vibration. Vibration qui n'est autre qu'un plan de conscience plus vaste, plus ample. Dans la tradition occulte, il est dit qu'un plan de conscience ne s’acquiert pas, il s'atteint. La conscience est en effet l'essence même de la manifestation. La volonté ascétique permet dans de nombreux cas l'expérience parfois durable de plans supérieurs, mais elle laisse souvent en jachère le germe des plans inférieurs qui reviendront plus tard au premier plan. Le livre de Jack Kornfield, "Après l'extase, la lessive" exprime cela par de nombreux exemples. L'objet de cet article est à partir de ma propre expérience de décrire tout autant que cela se peut, le cheminement perçu pour s'affranchir durablement de ce plan vibratoire inférieur et comment cela se manifeste.

    Cinq préceptes :

    1 - Se dessaisir de la question du but

    Cela n'est pas évident,  l'engagement ou la focalisation intérieure provient d'une impulsion d'un plan vibratoire supérieur, et au-delà de ce plan, de l'âme, mais il est repris et compris à partir de la personnalité et de sa psychologie. Et cela ne peut être autrement dans un premier temps. Le Moi cherche à satisfaire ses besoins de sécurité, d'amour et de reconnaissance. Se dessaisir de la question du but nécessite que le Moi ne recherche plus dans la démarche ses propres besoins et parallèlement que l'impulsion de plans supérieurs reste présente à la conscience et aussi qu'elle est suffisamment dynamisée le témoin en soi. Cela peut être long et nécessiter de nombreux aller-retour. J'ai pu progressivement repérer lorsque l'énergie de la personnalité cherchait un but qui lui était propre afin de maintenir sa propre économie psychique et énergétique. Le bonheur, le magique et le merveilleux, vivre quelque chose d'exceptionnel, avoir des perceptions, des intuitions, des dons ... . 

    Se dessaisir de la question du but est aussi comprendre, que ce n'est pas le Moi qui se réalise dans la quête initiatique. Réaliser cela a de multiples implications et il est indispensable d'en saisir profondément le sens.

    2- Dynamiser la posture du témoin au cœur de la méditation

    Il est nécessaire de travailler à une forme de désidentification de la personnalité au corps, aux émotions, aux pensées. j'ai longtemps travaillé cela par une forme de Mantra :

    "j'ai un corps mais je ne suis pas ce corps, j'ai des émotions mais je ne suis pas ces émotions, j'ai des pensées mais je ne suis pas ces pensées. En vérité, je suis convaincu et j'affirme que je suis un centre de pur conscience ..."

    Lorsque nous persistons à prendre cette posture de témoin, dans la méditation et aussi dans la vie courante, il faut rester vigilant à que ce ne soit pas un simple clivage du plan émotionnel et une forme de retrait face à la souffrance. La position de témoin juste est d'éprouver sans s'identifier ....

    3 - Sonder pleinement le désir et focaliser l'intention

    Le rapport des forces en l'homme est magnétique, c'est à dire que nous sommes conviés à vivre certaines expériences en fonction du rapport de force entre nos différents centres d'énergies et les plans de conscience correspondant. Le désir dans le langage commun est toujours attaché à un objet ou à un sentiment. Sur un plan subjectif et ésotérique le désir est l'art de l'attraction et de la manifestation sur le plan astral. Dans le travail magique, lorsque une forme pensée est crée, la nourrir de l'intention permet à cette forme pensée de vibratoirement prendre corps. L'homme est un être de désir, le travail évolutif n'échappe pas à cette loi, cependant faut-il bien comprendre la nature du désir qui doit être activé.

    4- Approcher cet espace sans forme au-delà du mental concret "vacuité" et développer "la présence" de cet espace

    L'art de la méditation permet à l'esprit de comprendre sa nature. Au-delà de la production de la pensée, il y a un champ. Ce champ est une Présence sans forme. Le travail consiste à "respirer " cette présence comme saisir le parfum d'une fleur et  se nourrir de cette substance.

    5- Éprouver la cohabitation du moi historique et de la "présence"

    Nous supposons que la manifestation dans la dualité est une nécessité de la création. Comme si cela était une expansion interne du Créateur, une régénération. Accomplir le dessein du créateur serait de donner totale conscience à cet être incarné, et qu'il puisse se saisir des feux de la matière et qu'il deviennent ainsi un créateur. 

    A un niveau tout à fait humain, ce que j'appelle la Présence qui à mon avis est un ambassadeur de l'âme, et le moi historique doivent cohabiter, ce dernier cherchant constamment l'inspiration de la présence et à terme en être son serviteur.

    Cependant la Présence n'est pas  toujours assez forte pour trouver les réponses rapides et opérationnelles nécessaires à la vie sociale et le référent devient souvent le moi historique. D'où parfois cette étrange cohabitation.

     

     

     

     

     


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  • Se défaire de l'expérienceLes mots sont difficiles à trouver. Comment évoquer "se défaire de l'expérience", tout en faisant référence à l'expérience. Il y a un article sur le site qui l'évoque : Dzogchen et Mahamudra - Au delà de la pratique -

    Extraits :

    Le Dzogchen se présente lui-même comme une perspective spirituelle à laquelle ont puisé, depuis des temps sans commencement, des yogins et yoginis cachés qui ont pu dépasser les structures cognitives et émotionnelles divisant la réalité en sublime et matériel, en plaisir et souffrance, en véridique et illusoire, sans par la suite ériger cette révélation en un quelconque accomplissement spirituel. La tradition Dzogchen appelle cela « la vision non fabriquée des choses telles qu'elles sont ». Cette expérience dépasse le besoin de toute pratique et de toute institution puisqu'il n'y a rien qui doive être maintenu, et rien qui doive être détruit. Ainsi, dit-on symboliquement, les racines du Dzogchen résident-elles dans la nature de bouddha primordiale et éternelle, samantabhadra, que seuls quelques rares individus parviennent à voir comme étant leur propre nature essentielle.....Niguma, une femme qui enseignait au XIe siècle, nous fournit une description dépouillée du Mahamudra qui peut également s'appliquer au Dzogchen " ; Ne fais jamais rien avec ton esprit - Demeure dans un état naturel et authentique. Ton propre esprit, qui ne vacille pas, est le Dharmakaya. La clé est de méditer ainsi, sans vaciller ; l'expérience est la grande [réalité] au-delà des extrêmes. Sur l'océan translucide des bulles apparaissent et disparaissent. Il en va de même des pensées qui ne diffèrent en rien de la réalité ultime. Ne te sens donc pas coupable, détends-toi. Ce qui monte, ce qui se produit, ne cherche pas à t'en saisir, laisse-le immédiatement repartir. Les apparences, les sons et les objets sont ton propre esprit ; Il n'existe rien hormis l'esprit. L'esprit est au-delà des extrêmes de la naissance et de la mort. La nature de l'esprit, la conscience transcendante, utilise les objets des cinq sens mais ne s'égare pas hors de la réalité.

    Dans l'état d'équilibre cosmique Il n'existe rien à abandonner ou pratiquer, ni méditation, ni après-méditation.

    http://lumiere-et-conscience.eklablog.com/dzogchen-et-mahamudra-au-dela-de-la-pratique-p603315

    Cette référence au Dzogchen et Mahamudra, qui donne à voir bien mieux que je n'aurais pu le faire quelque chose de l'Intention en moi, connote, colore aussi mon esprit. J'ôte alors cette référence, que reste-t-il ?

    Mon esprit dans la méditation, porte cette intention, ni prière, ni mantra, ni invocation, alors ... effectivement des bulles apparaissent et disparaissent, des pensées, des images, des bribes de rêves, l'intention reprend la main, je suis comme sous un plafond de verre. Celui-ci est une illusion, il se perçoit sa déformation possible comme du verre chauffé qui pourrait tomber en grosses gouttes.
    Ceci est aussi une illusion. La nature essentielle de l'esprit est là, se défaire encore un peu plus profondément de l'attachement, probablement des empreintes encore à laisser se dissoudre, une identité hybride à laisser prendre place, en relation avec le monde social, professionnel et en connexion avec l'intention. Que cela va-t-il produire ? ... Ne pas faire de suppositions ... yes

     


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    Expression du soi divinMarigal qui est une personne qui a vécu un éveil spontané et qui a écrit un livre, "voyage vers l'insaisissable" explique deux fonctions du mental, le mental discursif et le mental perceptif ... dans ce que j'en ai compris le mental perceptif est un état de présence sans attente, en lien avec tous nos sens. Lorsque l'on tend à cela, les synchronicités se multiplient ...le mental fonctionne comme une coupe qui reçoit et les connections avec la nature avec notre "grand être", avec la vie sous toutes ses formes se font nombreuses. 

    La peur provient de l'ego, du moi. Je ressens ce moi comme une congruence qui cherche constamment à se reconstruire pour trouver amour et sécurité. La quête est légitime mais nous limite fortement. Toute la question et le cheminement dans toutes les traditions initiatiques est de dépasser cela. Dans le Zen la méthode est dure, le Moi n'a plus d'expression possible dans l'extrême rigueur de la pratique, pour certains c'est le chemin. Dans ma pratique j'essaie au contraire de tout "pardonner" à cet ego toujours en demande d'expériences et de satisfaction des sens, "je" lui dis qu'il n'a rien à craindre, que tout va bien, les peurs sont des illusions et la marque de l'absence de sens de sa quête. "je" lui dis qu'il doit faire confiance et abandonner ses luttes, que quelque chose de plus grand et plein d'amour est là qui l'attend, qu'il doit baisser ses armes. J'appelle ce quelque chose le "soi divin", mais chacun peut lui donner un autre nom. Lorsque l'on commence à sentir cela, c'est très vaste et d'une profonde quiétude. Cet espace est je pense, ce que les bouddhistes appellent la vacuité. Là,on voit apparaître et disparaître de multiples formes, images ,pensées, j'essaie de n'être pas dans la saisie, de laisser tout cela sans m'identifier que ce soit sombre ou lumineux. Cet état que je vis parfois dans mes méditations est persistant après, car il dégage une présence et me donne le sentiment qu'il y a comme un voile à déchirer. Le voile de la séparation avec notre nature essentielle. J'intuite que lorsque l'ego baissera toutes ses armes, cette vérité essentielle sera le cœur de mon existence. Cela peut se produire aujourd'hui, demain, dans 1 an, 10 ans ou dans une prochaine vie ...mais cela peut se produire aujourd'hui. C'est un ultime saut dans le vide pour l'ego et une naissance dans l'expression terrestre du soi divin. 


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