• La raison pure - (la vie divine Sri Aurobindo)Peu de livres à ma connaissance sont un tel condensé d'expérience évolutionnaire, et il est si étrange qu'il m'est fallu tant de temps pour croiser "la vie divine". Pour certains les quelques lignes qui suivent vont paraître compliquées mais elles croisent avec une si grande force mon expérience, il y a une telle reconnaissance en moi de ce qui est écrit et tellement plus précisément que je ne pourrais le faire, que je ressens la nécessité de témoigner.

    "Tant que nous nous bornons au témoignage des sens et à la conscience physique, nous ne pouvons rien concevoir ni connaître, que ce monde matériel et ses phénomènes. Mais nous possédons certaines facultés qui permettent à notre mental de parvenir à des conceptions que nous pouvons sans doute, par ratiocination ou par
    le jeu varié de l'imagination, déduire des faits du monde physique tels que nous les voyons, mais que ne justifient aucune donnée, ni aucune expérience physiques. Le premier de ces instruments est la
    raison pure.
    La raison humaine a une double action : mélangée ou subordonnée, pure ou souveraine. La raison accepte une action mélangée lorsqu'elle se limite au cercle de notre expérience sensible, admet sa loi comme vérité ultime et ne s'occupe que de l'étude des phénomènes, c'est-à-dire de l'apparence des choses en leurs relations, leurs processus et leur utilité. Cette action rationnelle est incapable de connaître ce qui est, elle ne connaît
    que l'apparence de l'être, elle ne possède point de sonde pour explorer les profondeurs de l'être et ne peut qu'étudier le champ du devenir. La raison, en revanche, affirme la pureté de son action quand, acceptant nos expériences sensibles comme point de départ mais refusant les limites que celles-ci lui imposent, elle passe au travers, juge et œuvre en toute liberté, s'efforçant de parvenir à des concepts généraux et invariables qui s'attachent non point à l'apparence des choses, mais à ce qui se tient derrière les apparences. Elle peut arriver à ses fins par un jugement direct, en passant immédiatement de l'apparence à ce qui se trouve derrière, et dans ce cas, le concept auquel elle parvient peut sembler résulter de l'expérience sensible et en dépendre, bien que ce soit en réalité une perception de la raison œuvrant selon sa propre loi.
    Mais les perceptions de la raison pure — et c'est là leur action plus caractéristique — peuvent aussi prendre l'expérience initiale comme un simple prétexte, et la laisser loin derrière elles avant
    d'atteindre leur résultat, à tel point que ce dernier peut nous apparaître comme le contraire de ce que notre expérience sensible cherche à nous imposer. Ce mouvement est légitime et indispensable, parce que notre expérience normale, non seulement ne couvre qu'une faible part de la réalité universelle, mais, dans les limites de son propre domaine, se sert d'instruments défectueux et nous donne des poids et mesures erronés. Il nous faut dépasser cette expérience, l'écarter et souvent refuser ce qu'elle voudrait nous imposer, si nous voulons arriver à des conceptions plus adéquates de la vérité des choses. Le pouvoir de corriger les erreurs du mental sensoriel en recourant à la raison est l'un des plus précieux que l'homme ait développés, et c'est en cela que réside avant tout sa supériorité parmi lès êtres terrestres.
    L'usage complet de la raison pure nous fait finalement passer de la connaissance physique à la connaissance métaphysique.

    1939 Sri Aurobindo

     


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    La ConscienceJe souhaite évoquer le processus qui me transforme. Je l'appelle la venue de la conscience. La conscience est l'un des mots les plus difficiles à définir, d’autant qu’il n'est pas certain que ce qui cherche à la comprendre, la conscience elle-même précisément, dont la raison est un outil, soit capable de se saisir elle-même « le couteau ne peut se couper lui-même » disent les bouddhistes.

    Plus simplement, j'appelle la venue de la conscience ce processus, lié à une pratique assidue de méditation, qui m'a amené au discernement suivant. Regarder son propre mental, les pensées naître et disparaître, apprendre à ne plus suivre ses pensées, puis à ne plus y croire même, a laissé apparaître en moi un arrière-plan.

    Cet arrière-plan ne parle pas, il est comme un lac, toujours là, toujours présent, mais trop souvent caché par la brume du mental réactif, du mental déterminé par le moi et son histoire. J'y prends au quotidien mes racines, car dans ces eaux limpides reposent sagesse et paix. Pour tout acte relativement important, pour tout choix à faire, décisions à prendre, je cherche instinctivement en ce lac la juste action. Parfois encore le moi historique s'excite encore et cherche à prendre la main, et crée quelques rideaux de fumée, mais cela ne dure pas d'autant plus que depuis plusieurs mois, la conscience est plus présente, plus forte, plus active, comme si cette présence n'était pas seulement une ressource interne, mais un vecteur, indiquant ainsi une direction.

    L'être est multidimensionnel, ce qui peut ouvrir différents espace est la conscience, car déposée en chacun, plus ou moins en manifestation, parfois en sommeil celle-ci est reliée à d'autres dimensions.

    Depuis quelques années la notion d' "éveil" a envahie l'espace médiatique spirituel. Je m'y suis intéressé et essayer d’intégrer  de quoi ils parlaient. J'ai lu ou parcouru les ouvrages des classiques Maharshi, Nissadagartta, puis de gens plus proche de nous par la culture Jean Klein, Tony Parsons, Eckhart Tollé, et d'autres moins connues Gerta Ital, Irina Tweedie, Marigal, Yolande Serrano etc ...Et puis j'ai lu Sri Aurobindo.

    Ces livres sont pour moi des supports à l'expérience. Dans l'angle que je souhaite aborder aujourd'hui, ils évoquent tous la perception de la dissolution ou disparition d'une identité ancienne, pour une identification à une nature universelle qui transcende leur moi historique. La révélation est parfois brutale et inattendue, comme Yolande Serrano, Stephen Jourdain, Marigal, Eckart Tollé, parfois elle est le fruit d'un long travail et d'une longue ascèse, Gerta Ital, Irina Tweedie. Parfois elle s'inscrit dans un processus de développement progressif de la conscience et n'apparaît pas comme une révélation.

    Je souhaite mettre en lien ma perception du jeu de l'incarnation de l'esprit dans la matière. Pour faire simple, là-haut tout est parfait, fermons tout nos sens externes, arrêtons toutes pensées et plongeons dans la quiétude de Brahma. En bas, dans cette vie grouillante de souffrance, d'amour et de mort, la personne non reliée à son Être intérieur vit un peu comme une feuille au vent, et tel le cailloux dans la rivière attendra des millénaires pour devenir un lisse galet. Tel est le samsara.

    Sri Aurobindo a éclairé la question, l'objet de l'incarnation est de transformer cette matière et de la diviniser, de lui donner pleine conscience, matière du corps et aussi matière sociale, c'est à dire Société, Civilisation. Que celui qui se plait uniquement  dans la quiétude des bras de Brahma, ou dans la prière au fond d'un couvent, n'aurait-il pas à participer autrement à la vie. Et d'agir les principes d'en haut en bas.

    Je ne sais pas si je suis un être éveillé, si je pourrais avoir le label, et si je pourrais ainsi faire des conférences et des séminaires plein d'amour et de compassion pour les participants leur expliquant que leur perception est incomplète, que tout est amour. Ce que je sais par contre c'est que la conscience dans le principe que j'ai évoqué est d'une grande force, agit et mets en œuvre les principes. Au début nous pouvons évoquer le hasard, puis la répétition nous laisse penser à la synchronicité, mais c'est plus que cela.

    Bernard de Montréal, si l'on ôte une certaine coloration personnelle dans ses propos, nous invite à cette compréhension, Omnia Pastor a été très claire et l'a précisée de très nombreuses fois dans ses conférences et Sri Aurobindo a ouvert dans l'énergie le chemin.

    Je souhaite conclure, en disant à tous ceux qui me liront qu'effectivement tout est là, il n'y a rien à apprendre au sens intellectuel du terme. il y a à comprendre les principes et à expérimenter. Nous n'avons pas forcément tous les mêmes qualités et avons chacun un potentiel différend. Comprendre les principes et expérimenter est le chemin et celui-ci prend chaque jour un peu plus de sens.


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