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    Être : Approche de la non-dualité extrait : Jean Klein

    Quand votre corps est souffrant, vous avez en mémoire cette sensation, mais vous savez aussi que lorsqu’il est dans son état naturel, tous les effets de cette souffrance sont oubliés. Il en est de même lorsque vous interrogez la peur, le désir, l’anxiété. C’est cette certitude qui amène la disparition des troubles de votre psychisme, et l’état naturel, "sahaja", est recouvré, il est sans désir et sans peur.

    Vous devez comprendre qu’il y a une réalité derrière toute perception, et rester totalement ouvert à cette compréhension. Lors de l’achèvement d’une pensée, d’un percept, laissez-vous saisir par la tranquillité qui leur est sous-jacente ; votre être véritable est vous-même, le monde que l’on appelle extérieur ne peut ni vous aider, ni vous entraver ; il ne peut vous empêcher d’être.

    Aucune méthode, aucune recette ne vous conduira, ne vous éclairera. Soyez attentif à toutes vos réactions qui vous poussent à ajourner, à attendre, ou inversement, à chercher à atteindre, à posséder ; la peur en soi n’existe pas, c’est un mouvement de l’ego. Le regard global est un regard non habité, non contaminé par un mécanisme de comparaison, d’évaluation, de jugement, et non encombré par un savoir qui nous vient de deuxième main. Il est sans motif et n’attend aucun fruit en retour : il est une fin en soi. Un regard innocent est la solitude silencieuse où l’on est libre, entièrement dépouillé mais englobant le tout.

    Laissez-vous absorber par l’éternel maintenant, toujours éveillé au courant de la vie à mesure qu’il vous sollicite. Tôt ou tard vous serez cette tranquillité, vous vous établirez en elle, vous serez identique à elle.

    Ne vous laissez pas prendre à la tentation d’objectiver la tranquillité. Vous tomberiez dans les mains du démon ! Rendez-vous compte que la mémoire seule peut vous rappeler cette non-existence : la peur, l’anxiété. En l’absence du passé vous êtes tout simplement cet état de plénitude. Laissez-vous imprégner par le silence, et assistez à l’expression de la tranquillité dans l’action.

    Vous êtes la société. L’état chaotique, intellectuel et émotionnel, qui la dirige, est avant tout un conflit en nous ; trouvez-en la cause par une lucide observation de l’instant présent. C’est dans cette lucidité que le problème est vu globalement et trouve la juste place qui lui revient ; cette claire vision contribue pleinement à l’équilibre de la collectivité dont nous sommes partie intégrante.

    Cette société a créé des structures qui sont instaurées pour être maintenues, constamment remaniées, perfectionnées. Nous sommes pris dans cet engrenage en perpétuel devenir, fait de comparaisons, de compétitions, et nous sommes de plus en plus conditionnés, ce qui provoque des catégories de valeur ; nos relations cessent d’être saines et harmonieuses, elles ne sont plus une expression de l’être. Fixés sur nos pensées, nos expériences, nos états, nous avons perdu le sens profond de notre simple et pure existence. Avant que la perception s’actualise, la réaction entre en jeu et nous confondons ce réflexe avec le regard direct ; nous classons, étiquetons par un choix que dicte la répulsion, l’attraction, le jugement. Notre façon d’écouter, de constater, est polluée, et la relation avec notre entourage s’établit en fonction de cette appréciation évaluative. Nous croyons rencontrer ceux qui nous entourent : mais en réalité nous contactons notre réaction. Nous nous trouvons ainsi enfermés en nous-même, isolés de nos proches, ce qui est à l’origine des conflits mondiaux. Au fond, une société créative est celle où l’on ne rencontre pas l’autre puisque nous savons qu’il n’y a pas d’autre.

    Être : approche de la non-dualité - Jean Klein

     Pour l’édition originale :

    © Éditions Almora, 2014

    ISBN de l’édition originale :

    978-2-35118-173-7

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  • Le feu brûlantLa vie qui me traverse, qui nous traversent révèle en nous des sentiments, des perceptions, des émotions, des souffrances. Notre personne, notre "moi historique", reçoit cette vie et il est travaillé par elle. Cette friction génère de la souffrance, lorsque les événements nous sont inacceptables. Quels leçons, ou plutôt quelle initiation peut-on apprendre de cela ?

    Face à la mort nous intégrons l'impermanence et quand cet ego souffre de l'inacceptable, à un moment il y a comme un cliquet qui se produit, et l'on perçoit, quelque chose au-delà de l'ego, une sorte de nouvelle dimension, un peu flou, un peu irréel vu de l'extérieur et parallèlement de pleine présence à l'instant et de sensation profonde de vérité.

    C'est un lâcher-prise très profond, car les racines de ces attachements de l'ego sont plongées dans notre inconscient et il faut que notre conscience puisse faire face à ce feu brûlant. Lorsque nous y faisons face, cela nous transforme profondément,des aspects de notre personnalité sont réduits à un petit tas de cendres, et nous découvrirons alors un espace intérieur qui nous était inconnu.

    Et nous transformant ainsi, nous pouvons voir au cœur de ce feu brûlant, la Claire Lumière.


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