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                                                                                   ... l’homme ne vit pas pour lui-même séparé des autres. Les hommes vivent les uns pour les autres, et lorsqu’une défaillance s’inscrit dans une lignée génétique, dans un code génétique, ce n’est pas parce qu’il faut créer cette lignée génétique-là, pour que les âmes ayant failli, puissent rencontrer les corps qui leur permettront d’épurer le karma. C’est tout simplement, et à un niveau beaucoup plus abstrait, dans une dimension beaucoup plus large, la matière qui doit être purifiée.

    Pour purifier la matière, les âmes acceptent tous les problèmes, ce que l’individu ne sait plus lorsqu’il se trouve dans son corps. Il ne sait plus qu’il a accepté de purifier la matière, de purifier le corps du monde, de purifier le corps de l’humanité. Alors, ayant oublié, il se demande de quel mal il est frappé.

    Il existe davantage de karma collectif que de karma individuel. Non pas parce que l’homme vit uniquement d’après la loi de la collectivité, comme je viens de le dire, mais parce que si un homme fait une erreur, des millions d’autres hommes font la même erreur, et c’est à cause de cela qu’il y a correspondance. C’est à cause de cela qu’une donnée peut devenir un code génétique et s’exprimer sur toute une génération ou toute une famille.

    Le karma collectif, ou, disons la purification collective, est quelque chose qui s’opère de façon beaucoup plus magistrale que la purification individuelle. Si l’homme n’avait que la purification individuelle il serait déjà libéré. Seulement on ne vit pas égoïstement sur sa petite planète. On vit pour un être que l’on compose et qui s’appellera plus tard un logos, un être planétaire, un être cosmique. Chaque petite cellule doit découvrir cette responsabilité qu’elle assume sans problème, sans défaillance, quand elle demeure dans les plans invisibles, à l’état d’âme, mais dont elle perd cette connaissance lorsqu’elle tombe dans le plan physique. Chacun perd la connaissance de l’universalité que l’on compose.

    Un être cosmique qui s’incarne, va créer inévitablement des humanités et des formes diverses, depuis les minéraux, en passant par les poissons, les roses, les palmiers et les êtres humains et plus tard même les anges.

    En même temps qu’il crée ces choses qui paraissent extérieures et différentes de lui, ces choses ne sont pas différentes de lui. Vous ne pouvez pas dire de votre cellule, la cellule qui est sur votre doigt en ce moment, qu’elle n’est pas de vous, et elle ne peut pas dire qu’elle n’est pas vous-même. Cette cellule c’est vous et elle le sait aussi. C’est pour cela qu’elle a une intelligence et c’est pour cela qu’elle a un développement. Car de la même manière que les hommes assument le développement pour cet être cosmique qu’il compose, la cellule assume et assure le développement pour l’individualité que vous représentez.

    Dans le cheminement initiatique et le parcours de l’occultiste, ce phénomène est connu. C’est ce qui donne lieu à l’alchimie. L’occultiste essaie de dégager le pouvoir de sa matière, le pouvoir de sa cellule, pour que chacune de ses cellules soit un être réalisé comme lui-même peut l’être en disant « Je ». Il faut que chacune de ses cellules résonne du même « Je », de cette capacité à être auto consciente et puissante. Si vous comprenez exactement le rapport de votre conscience avec votre corps, votre cellule, vous comprenez exactement le rapport qui existe entre cet être cosmique, ce logos et vous-même.

    Il faut comprendre que toute la vie est représentée comme une succession d’emboîtements, comme des poupées russes, la plus petite s’emboîtant dans une plus grande, s’emboîtant dans une autre encore plus grande, jusqu’à ce qu’on en arrive à ne plus pouvoir mesurer la grandeur de la dernière poupée. C’est ce qui permet d’exister à la vérité qui dit que : « Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Sinon il n’y aurait pas de relation entre le bas et le haut.

    Au niveau de votre vie individuelle, vous devez donc savoir qu’il existe cette même analogie entre vous et le logos qui est à naître, que vous êtes, que nous sommes nous tous, depuis le plus petit des êtres humains jusqu’au plus grand Maître, jusqu’au plus grand Bouddha.

    Lorsque l’on parle de la purification de cette matière, il faut s’attendre à ce que des âges, des décennies entières soient utilisées pour purifier cette matière, pour la dynamiser, pour la retrouver. Quand je dis retrouver, je parle du feu, de la puissance qui est dans la matière. Donc, pour retrouver cette puissance il faut supprimer tout ce qui empêche cette puissance de s’exercer.

    L’homme a le pouvoir, puisque l’intelligence lui a été donnée, d’accélérer toutes les purifications. Et c’est à cause de cela que sont nées des disciplines comme la médecine. Par la médecine l’homme a le pouvoir d’accélérer la purification de façon que les étapes, le partage du fardeau en quelque sorte soit plus court, pour qu’un individu ne vive pas le handicap, la difformité, toute sa vie. Cela, la médecine le découvrira, et cela, est son but, car c’est le pouvoir qui a été donné à l’homme. On peut l’appeler médecine, mais en fait c’est tout simplement l’intervention de l’homme dans la vie de l’homme.

    http://conscienceuniverselle.eklablog.com/23-05-88-le-karma-familial-


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  • Suite de l'article, "Tu n'as pas besoin d'un Dieu au-dessus de la tête"

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  •  Omnia Pastor - Tu n'as pas besoin d'un Dieu au-dessus de la têteLes gens viennent à la spiritualité avec une somme immense de fantaisie et d’illusion. Tout d’abord, il vaut mieux aimer Dieu que de ne pas l’aimer au cas où il existerait. Ensuite, lorsque l’on est assez convaincu de son existence, il y a le jugement et le nouveau monde qui vient. Alors il ne faut pas rater le train, il faut faire les efforts qu’il faut, monter les vibrations, développer les chakras pour appartenir à la nouvelle vague et avoir la chance de voir le Messie, le grand événement du siècle, n’est-ce pas !

    On a fait de ce Messie une véritable star, et l’on attend le Messie comme on attendrait une grande idole sur la terre. Mais quelle erreur et quelle bassesse dans les sentiments, dans cette idée. Monopoliser les foules dans l’espoir de voir le Messie, d’accueillir le Messie est une immense bassesse. Ce n’est pas un acte de libération, au contraire, c’est un acte de superstition. Exactement comme un sorcier de tribu dirait à tous ses concitoyens : demain  le grand esprit va venir et vous juger tous. Alors devant chaque case vous aller déposer des offrandes pour que le grand esprit soit content et qu’il demeure dans votre tribu.

    C’est exactement le même comportement. Ce n’est pas parce que l’on va dire aux gens en présence des grands mots et parfois même des mots philosophiques que l’idée est plus évoluée que l’idée tribale. C’est la même. Simplement l’homme qui part en ville avec cravate et attaché caisse ne s’aperçoit pas toujours qu’il a un os en travers du nez ! Il préfère regarder simplement son attaché-case et tout calculer avec sa machine à calculer ! Ouvrir son frigo et prendre un plat surgelé, ouvrir la télévision et regarder des films.

    C’est une vie qui peut être comparée à une vie tribale. Celui de la tribu part aussi chaque matin dans la brousse gagner son pain. Il n’y va pas en cravate mais il y va avec la lance ou les flèches empoisonnées. Il y va chaque jour gagner son pain, comme l’homme blanc de la cité. Lui aussi chaque jour il va s’informer de la météo, il ira consulter le sorcier ou ses rhumatismes. Les deux hommes dans les mêmes cas vont faire les mêmes choses, poussés par les mêmes motivations, les mêmes désirs, les mêmes impératifs, les mêmes besoins, les mêmes peurs.

    Alors que tu sois en cravate ou en pagne, tu es toujours le même homme, tu es toujours le même fils de Dieu, rempli de peurs, parce que tu ne sais pas qui est véritablement Dieu. Alors comme tu ne le sais pas tu te l’inventes et comme tu es comme un enfant, tu te l’inventes rempli d’autorité, de principes, de lois. Il n’y a que toi qui fais la mesure, parce que toi, à toi seul, mais toi tout entier tu es Dieu.

    Alors tu n’as pas besoin d’un Dieu au-dessus de la tête qui pèse et qui mesure et qui décide d’enterrer ou de ressusciter. Tu es ce Dieu-là. 

    La conférence en transcription

     

     


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  • Gerta ItalChaque soir, j'allais au sanzen (bref entretien avec le Maitre). Le Rôshi, conscient tout comme moi de mon prochain départ, me forçait avec une intensité croissante à pénétrer dans le domaine de l'Un. Comme à sa question : De quelle façon sentez-vous la «seule main»?(Gerta Ital travaille sur le koan : quel est le son d'une seule main qui applaudit); je répondis : « L'Un est la forme et aussi l'absence de forme. La "seule main" est tout. Je suis cette main ». Il s'écria, et sa voix tonnait comme de l'airain : « Il n'y a pas de « je », il n'y a que l'Un ! »Le soir suivant, comme je m'agenouillais devant lui, il ne posa pas de question, mais dit aussitôt :

    « Il n'y a pas de Gerta Ital, il n'y a pas de Rôshi, il n'y a que l'Un ! » 

    Quand, après le zazen, je rentrai vers dix heures dans ma chambre et allumai le poêle à pétrole dont j'étais redevable à la bonté du Rôshi, après la dépression spirituelle que j'éprouvais maintenant à chaque sanzen avec le Maître, je restai encore longtemps plongée dans ses paroles. Mon corps n'était plus que l'ombre de lui-même. Mais peu m'importait ; j'aurais préféré ne plus avoir de corps, qui constituait toujours un obstacle, le détruire par l'esprit, afin d'être totalement libre.

    Le 8 novembre la « percée » se produisit. La veille au soir, le Rôshi avait de nouveau posé la question :

    « Comment éprouvez-vous le son de la seule main »? » et je répondis, approfondissant la question : «L'Un vit de lui-même. Il vit sa vie en moi, en tous les êtres. » Le Rôshi prit une inspiration profonde, comme toujours lorsque "Cela" parlait à travers lui. Quand il parla finalement, sa voix était très douce, pourtant l'effet de ses paroles n'aurait pas pu être plus électrisant que si un éclair de lumière m'avait traversé et rempli de feu. (Et cela quoiqu'elles ne signifiassent rien d'autre que ce qui avait déjà été exprimé bien des fois, en réponse à mes propres paroles) :

    « II n'y a pas d'intérieur. Il n'y a pas d'extérieur. Il n'y a que l'Un ! »

    Je ne sais pas pourquoi c'est justement ce mot qui donna la solution du kôan, après que du point de vue spirituel tout fût devenu clair depuis longtemps déjà. Souvent, quand on prend connaissance des expériences d'un élève, on s'aperçoit que pour celui-ci, qui se tourmentait jusqu'à l'anéantissement avec son kôan, il suffit parfois d'une occasion insignifiante pour que les dernières barrières disparaissent.

    Pour moi ce furent les paroles : « Il n'y a pas d'intérieur. Il n'y a pas d'extérieur » qui permirent d'abattre les barrières ébranlées depuis longtemps.

    Pendant la nuit, je continuai de méditer sur ces paroles et c'est alors que cela se produisit : Il n'y avait plus de kôan, plus de différences, même le moi n'existait plus. Il n'y avait que l'Un. Après avoir dormi trois heures à peine, je me remis de très bonne heure au zazen et l'expérience de la nuit se reproduisit. J'atteignis plus rapidement qu'auparavant la profondeur du samadhi, mais ensuite il s'étendit à l'infini. Pendant que j'écris cela, je me pose la question : l'expression « à l'infini » est-elle bien celle qui convient ? Oui et non. Non, surtout parce que ce mot signifie pour nous une chose, même si cette chose est indéfinie. Mais cela ne convient pas. En ce qui me concerne,

    cela ne se manifesta pas comme une vision. Ce n'était pas non plus un ravissement. Si je tente d'exprimer ce que je ressentais, en toute simplicité et sans fioritures, je ne peux que dire : il n'y avait plus rien et moi aussi je n'étais plus rien.

    Mais ce néant n'était qu'un néant apparent. C'était la vie elle-même. Et cette vie m'absorbait. Cette vie était le Tout dans l'Un. Mais la participation à ce « Tout en Un » est justement ce qu'on ne peut décrire, ce qui se refuse à être exprimé en paroles. Rien (ce qu'on en dirait ne peut convenir, car même l'expression que j'avais employée auparavant, « béatitude pleine de paix, qui serait peut-être la plus adéquate, ne permet de rendre qu'une partie du tout. Mais comment pourrait-on décrire en paroles l'Être sans forme, l'Être en tant qu'état, la Vie en tant que vie en soi, trouver les mots susceptibles non seulement de désigner, mais aussi d'exprimer l'Être lui-même ? Ce n'est pas possible et j'échoue dans cette entreprise, comme d'autres ont échoué avant moi.

    Ce matin-là je ne pensais cependant pas à tout cela. Rien ne pouvait me retenir. Je devais aller trouver le Maître et me joignis au zazen du matin qui était réservé en principe aux moines vivant dans le zendô.

    Lorsque, frémissante d'émotion, je pénétrai dans la pièce du sanzen, le Maître sut aussitôt ce qui s'était produit et, comme je me mettais à genoux devant lui, il me questionna vec douceur et affection sur le « son de la seule main ». Ma façon de répondre dût être celle de quelqu'un de complètement bouleversé, ébranlé jusqu'au tréfond de son être. Par bribes, d'une voix saccadée qui semblait venir d'un autre monde, pendant que tout mon corps vacillait comme avant un effondrement final, je lui racontai en balbutiant mon expérience de l'Un. Il hocha la tête et s'écria radieux :

    « Only one hand ! only one hand ! » (Seulement une main, seulement une main !).

    Je levais les yeux vers lui ; son visage était rayonnant et avant de lever la main pour prendre la clochette et l'agiter pour indiquer la fin du sanzen, il me fit encore un signe de tête.

    J'étais à peine capable de me relever et fus sur le point de tomber pendant que je faisais la dernière prosternation, la sueur me coulait le long du corps, je chancelais comme prise d'ivresse en sortant de la chambre du sanzen et en allant dans le couloir jusqu'à ma chambre, où je me laissais tomber sur le lit qui n'était pas encore rangé. Pendant plus d'une heure je continuai de trembler, comme par un grand froid, avant de pouvoir me calmer. Les lignes que j'écrivis alors dans mon journal sont irrégulières, comme si je les avais écrites dans un train en marche.


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  • SomasekhaSomasekha est née au Cambodge.

    Lorsque la guerre éclata, elle dut quitter son pays à l'âge de cinq ans. Accueillie en France, elle y grandit, fit ses études de droit et devint juriste. Très jeune, elle fut animée par la quête du sens de la vie et du bonheur véritable. Elle put ainsi accompagner et soigner nombre de personnes pendant huit ans. Au cours de cette période, lors d'un voyage, surgit " l'évidence cachée " " Par un bel après-midi hivernal, alors que je me promenais dans les rues et les jardins d'Amsterdam, le voile se déchira ; le sentiment d'être un individu séparé s'évanouit. Il n'y avait alors plus de temps, ni d'intérieur ni d'extérieur. Plus de sujet ni d'objet. Ce que je croyais être le monde apparaissait sous un jour nouveau et dans une fraîcheur insoupçonnée. Au-delà de la frontière duelle, il se révèle comme étant la radiance naturelle de la conscience infinie ; l'expression libre de sa joie, de son extase,  de son amour inconditionnel. L'amour est le chant de liberté de la conscience ; son parfum de vie ; son sourire divin. Il embrasse toute chose ; il est toute chose. Dans l'espace ouvert et clair de cette évidence, il y avait plénitude et éveil à la beauté de la vie. Plénitude d'avoir retrouvé sa terre originelle ; Plénitude de paix et d'amour ; Plénitude du Cœur. " Aujourd'hui, Somasekha partage le parfum du coeur au travers de rencontres et de séminaires qu'elle anime.

     

     

     

     


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  • Mais pourquoi la libération est-elle si difficile à obtenir ? Pourquoi ce combat ? Qui s'accroche à quoi ? 

    Mais pourquoi la libération est-elle si difficile à obtenir ? Pourquoi ce combat ? Qui s'accroche à quoi ?

    Vous vous agrippez à votre existence apparente. Toute votre vie vous avez été conditionné à survivre, à proroger l'espèce, à prolonger une apparente lignée. Personne ne veut mourir. Voyez le grand message des médias, qui vous enjoint de travailler à réussir votre vie.

    C'est ça le grand jeu : l'infini se manifeste à travers vous en tant que personnage onirique dans un grand drame appelé vie ; hypnotisé dans la croyance que vous êtes un individu séparé, vous imaginez de ce fait devoir négocier avec l'existence. Ce qui entre autres choses est tout à fait effrayant. Dès l'enfance, vous pouvez vous sentir menacé par l'existence. Il s'installe ce sentiment que vous êtes mortel et vulnérable et, à partir de là, vous êtes puissamment motivé pour maintenir le statu quo, pour vouloir que tout cela continue et en faire le meilleur chemin dans ce qui semble être une existence séparée et à en tirer le meilleur parti possible. Quand cela ne semble pas marcher, certaines personnes commencent à poser la question “Qui suis-je ?”, et c'est alors qu'une grande difficulté surgit, parce que la réponse cette question semble être en opposition directe avec tout ce que vous avez toujours cru. Vous, en tant qu'entité séparé, n'avez aucune faculté de choix et aucun libre arbitre. Vous êtes simplement en train d'être vécu par l'infini, pour découvrir que vous êtes l'infini. Ce sont là des concepts si menaçants et si déroutants que la plupart des gens les rejettent.

     

    Tony Parsons – Ce qui est – Editions Accarias – L'Originel p. 103-104

     


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  • Jean-Michel Jutge« L’année de mes 21 ans, je devais vivre une expérience qui changea radicalement et de manière irréversible la perception que j’avais du monde. Après une séance de Hatha Yoga bien menée, au cours d’une méditation, mon regard plongea à l’intérieur de la colonne vertébrale. Ma vision se concentra sur une sorte de tunnel avec, au fond, une lumière qui fut immédiatement projetée vers moi. Je sentis un picotement très fin s’élever du bas du dos et atteindre la tête en quelques instants. Plus le temps passait, plus le picotement devint intense, avec pour effet d’augmenter considérablement ma sensibilité. Au-dessus de ma tête, une petite colonne faite d’énergie et de conscience prit forme. Le monde me parut soudain d’une netteté jamais vue et un grand nombre de phénomènes eurent lieu ce jour-là. En présence d’autres personnes, ou lorsque mon regard se posait sur elles, l’environnement se transformait littéralement sous mes yeux, dans sa forme, ses couleurs, son intensité, dans sa consistance. Il apparaissait alors tel que l’autre le voyait. Pendant plusieurs heures d’affilée l’énergie devint de plus en plus forte jusqu’à ce que je sois pris dans un océan de lumière et d’énergie, le corps littéralement en feu. Puis ce fut l’embrasement total et je perdis toute conscience du corps ; je crus que j’étais en train de mourir. Puis, je n’eus plus conscience que de lumière, une sensation de dilatation infinie, suivie d’une sensation de rapetissement jusqu’à n’être plus rien sinon un point. Au bout d’un certain temps, je repris lentement conscience du corps. Il se dessina alors devant mes yeux des volutes lumineuses de grande intensité, de couleur bleue et blanche, animées d’un mouvement de fuite. J’eus soudain comme une révélation sur mon état, je sus quelle était ma destinée et ce que je devais faire.Le flot continua d’augmenter, sans cesse, et tout se mit à vibrer, autour de moi et en moi, d’une intensité inimaginable. Au niveau de chaque chakra, et entre eux, se développa une sensation de chaleur, de plus en plus intense. On aurait dit qu’un liquide bouillant les traversait… Devant la violence du phénomène je me mis à prier Dieu, alors que j’étais athée. Je poussais alors un gros soupir. Dès cet instant, toute la situation changea. Immédiatement, un jet de feu bouillant jaillit par le sommet du crâne, retombant de chaque côté de mon corps pour l’envelopper d’une " aura " et d’une lumière d’or merveilleuse pendant que, simultanément, coulait dans la colonne vertébrale toute cette énergie.Le monde me paraissait alors merveilleux, le nectar qui coulait dans mon dos était d’une délicieuse jouissance. Mon corps s’était mis à rire et à pleurer de joie, alternativement, à trembler dans une crise qui, de l’extérieur pouvait ressembler à de l’hystérie. Je me découvrais d’une essence divine, le sentiment d’être réalisé. La suite est trop riche en événements pour être décrite en quelques mots, mais depuis ce jour, ma vie n’a rien de comparable à ce qu’elle était auparavant Si le phénomène en tant que tel, dès l’instant du soupir, est rentré dans un état d’équilibre complet, plus difficile a été son intégration au monde. Je me confrontais à mes proches qui ne comprenaient pas ce qui m’arrivait. Le nouvel être que j’étais se sentait porteur d’une véritable mission à accomplir, sentiment alimenté par les révélations multiples qui ne cessaient d’apparaî­tre. Je venais de naître au monde, et j’ai vraiment eu l’impression de devoir tout réapprendre avec un nouveau regard.La manière dont j’abordais l’existence se faisait avec une conscience inversée, comme si j’avais toujours vécu dans le miroir, et que tout s’était remis à l’endroit. Pendant un peu plus d’une année, je vivais une succession d’expériences et d’états de conscience que je ne contrôlais pas toujours mais qui rendirent difficile la vie dans laquelle je m’étais engagé jusque là. Une année d’étude où j’étais ballotté entre la découverte d’un monde et d’un univers fascinant et la nécessité d’accomplir un retour vers les tâches qu’exigeaient mes études, les travaux à l’hôpital la matinée, les cours dans les amphithéâtres l’après-midi, les travaux d’étude dans ma petite chambre d’université le soir, ce qui m’occupait à peu près 12 heures par jour, et des états de Samadhi qui saisissaient chaque occasion pour se manifester.Même si un éveil de Kundalini est maîtrisé et pris en charge par le Divin comme ce fut mon cas, il ne demeure pas sans conséquence sur la vie d’un individu et peut le rendre " atypique " et inadapté à la vie telle que la société veut nous l’imposer. La recherche de cet éveil ne peut se faire de manière anodine, et le chercheur qui s’engage sur cette voie doit pouvoir en peser à l’avance toutes les conséquences.Par ailleurs, les formes de Kundalini sont multiples, leur développement et leur résultat pouvant varier d’une forme à l’autre. Certaines sont peu recommandables car plus orientées vers le pouvoir de l’esprit, de par leur nature, plutôt que vers le développement de l’être ; mais pour un chercheur sincère, développant une qualité pure, les dangers sont peu importants, pas plus que ce qui peut nous arriver quotidiennement. Toutefois, un apprentissage préalable et le respect de certaines règles sont nécessaires.Il est difficile de présenter mon cas comme une généralité car ce ne fut pas un accident, cet éveil a été sollicité par un pouvoir supérieur. C’est pour cela qu’il fut soudain, puissant, complet, et qu’il atteignit son point d’équilibre au bout de huit heures. Toute personne qui le vit ainsi, même si cela déclenche au préalable une grosse frayeur, ne court aucun danger. De même, lorsque je transmets l’énergie pendant un cours de yoga, par exemple, se transmet en même temps la composante divine qui fera en sorte que l’énergie se développera de manière équilibrée. Pas de danger non plus. En revanche, un risque de perturbation importante réside dans une approche forcée par une technique particulière. Tous les désordres physiques, énergétiques ou psychologiques sont alors amplifiés de même que les états positifs, pouvant entraîner exaltation et dépression importante. Le développement de l’énergie est alors sauvage car sans intelligence. »

    eveilimpersonnel.blogspot.fr/2007/08/un-ocan-dnergie-jean-michel-jutge.html


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  • Le plus beau jour de ma vie – ma nouvelle naissance en quelque sorte – fut le jour où je découvris que je n’avais pas de tête. Ceci n’est pas un jeu de mots, une boutade pour susciter l’intérêt coûte que coûte Je l’entends tout à fait sérieusement : je n’ai pas de tête. Je découvris instantanément que ce rien où aurait dû se trouver une tête, n’était pas une vacuité ordinaire, un simple néant. Au contraire, ce vide était très habité. C’était un vide énorme, rempli à profusion, un vide qui faisait place à tout – au gazon, aux arbres, aux lointaines collines ombragées et, bien au-delà d’elles, aux cimes enneigées semblables à une rangées de nuages anguleux parcourant le bleu du ciel. J’avais perdu une tête et gagné un mondeTout cela me coupait littéralement le souffle. Il me semblait d’ailleurs que j’avais cessé de respirer, absorbé par Ce-qui-m’était-donné : ce paysage superbe, intensément rayonnant dans la clarté de l’air, solitaire sans soutien, mystérieusement suspendu dans le vide, et (en cela résidait le vrai miracle, la merveille et le ravissement) totalement exempt de « moi », indépendant de tout observateur. Sa présence totale était mon absence totale de corps et d’esprit. »

     

    Voir son visage originel de José Le Roy, Editions Almora.

    Quel était ton visage originel avant la naissance de tes parents ? est souvent considéré comme le koan le plus important. Il est en tous les cas le plus répandu. Ce koan a trouvé un prolongement, ou un écho, remarquable chez Douglas Harding et son « homme sans tête ».

    José Le Roy, familier de l’oeuvre de Harding, retrace dans ce livre l’histoire du célèbre koan depuis sa naissance supposée dans la Chine du VIIIème siècle jusqu’à nos jours, à travers la manière dont des instructeurs, passés ou plus proches de nous temporellement, ont su l’utiliser.

    Le koan zen « Voir son Visage originel » a imprégné le tchan chinois et le dzogchen tibétain avant de s’épanouir dans le zen japonais mais il trouve sa place, sous d’autres formes, dans de nombreuses traditions. Connaître son « Visage originel » « équivaut à connaître le parfait éveil ». Douglas Harding « a mis le Visage originel au cœur de sa méthode de transmission spirituelle (appelée la Vision sans tête) » rappelle José Le Roy. Il est sans doute en Occident celui qui a poussé le plus loin l’investigation de ce koan.

    L’ouvrage propose quatre parties. La première aborde l’histoire de l’expression « Visage originel » depuis son apparition dans le bouddhisme. Dans la deuxième partie, José Le Roy propose « une réflexion philosophique sur le lien entre le Visage originel et notre vraie nature et interroge le pouvoir d’éveil de l’expression elle-même. La troisième partie, pratique, évoque les manières de prendre conscience de ce Visage originel. La dernière partie est consacrée à la déesse indienne Chinnamasta, « celle qui a la tête coupée » et propose une étude comparative entre la pensée de Lévinas et celle de Harding.

    Le koan s’inscrit dans une approche non-dualiste, directe, libre de croyances, conditionnements et présupposés.

    « La vision du Visage originel est une vision non-duelle, au-delà du sujet et de l’objet, au-delà de l’intérieur et de l’extérieur. L’expérience du satori nous fait sortir de la vision habituelle du monde et nous fait vivre un mode d’existence nouveau. La non-dualité nous conduit à dépasser les paires d’opposés comme vide et forme, nirvana et samsara, absolu et relatif, éveil et non-éveil, et également les notions de bien et de mal. (…)

    Cette vie au-delà du bien et du mal ne signifie pas pour autant que le zen ne se soucie pas de moralité, ou que les maîtres zen ne se soucie pas de moralité, ou que les maîtres zen agissent de manière égoïste et irresponsable, bien au contraire. La découverte du Visage originel, qui est l’éveil à notre vraie nature, nous ouvre à la compassion et à la bonté. En effet, la vie n’est plus centrée alors sur l’individu et son visage dans le miroir, mais sur l’espace d’accueil inconditionnel que nous découvrons au-dessus de nos épaules et qui est libre de l’ego, et vraiment désintéressé.

    Douglas Harding disait souvent qu’en perdant sa tête, on trouvait don cœur, ce qui est très juste. En perdant son attachement au personnage auquel nous nous sommes si longtemps identifiés, une nouvelle vie s’ouvre à nous, beaucoup plus aimante. »

    L’acéphalité sacrée que l’on retrouve dans beaucoup de courants traditionnels évoque avec puissance la liberté totale de l’être affranchi de la personne.

    « Ce que le koan cherche à nous faire comprendre, insiste José Le Roy, c’est que notre identification au visage est une erreur, une folie. (…)

    Celui qui se perd dans les images corporelles devient lui-même une image, aveugle à sa propre identité ; il devient une ombre aux royaumes des ombres. L’âme doit revenir à elle-même, s’arracher à la séduction du corps et de son propre visage, et remonter jusqu’à sa nature divine.

    Où trouver l’éveil merveilleux de notre face véritable ? »

    Ce livre simple et profond introduit avec force au sens initiatique du visage et du masque.

    Editions Almora, 43 avenue Gambetta, 75020 Paris, France.

    www.almora.fr


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